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Un ex-député libéral accusé d’agression se défend

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

La plaignante Marjorie Bourbeau (à gauche) était assise en face de l’ex-député Yves St-Denis lors du souper ayant précédé l’agression présumée, en mai 2017. En avant-plan, à droite, la candidate libérale Naomie Goyette, qui a témoigné au procès.

Photo tirée de la page Facebook de Naomie Goyette

La plaignante Marjorie Bourbeau (à gauche) était assise en face de l’ex-député Yves St-Denis lors du souper ayant précédé l’agression présumée, en mai 2017. En avant-plan, à droite, la candidate libérale Naomie Goyette, qui a témoigné au procès.

L’ancien député libéral Yves St-Denis tente de convaincre un tribunal qu’il n’a pas agressé sexuellement une ex-conseillère municipale des Laurentides lors d’une soirée arrosée.

«Je n’ai jamais tenté d’embrasser de force Mme [Marjorie] Bourbeau. [...] Je n’ai jamais agressé Mme Bourbeau, jamais, en aucun temps», a affirmé le politicien déchu, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le procès de l’homme de 55 ans a occupé la juge Michèle Toupin pendant deux jours, au début du mois, et se poursuivra en juin.

L’ex-député du comté d’Argenteuil, dans les Laurentides, est accusé d’avoir agressé sexuellement Marjorie Bourbeau, le 26 mai 2017, dans le village de Saint-Adolphe-d’Howard.

En tant que conseillère de cette municipalité, la plaignante a rencontré St-Denis dans le cadre de ses fonctions.

Le jour de l’agression présumée, l’accusé s’est rendu à un 5 à 7 chez la candidate libérale Naomie Goyette, bouteille de mousseux à la main. Mme Bourbeau et une militante libérale étaient aussi présentes.

Puis le groupe s’est déplacé dans un restaurant, où les convives ont bu du vin.

Mme Bourbeau, M. St-Denis et Mme Goyette ont poursuivi la soirée en faisant du karaoké chez cette dernière.

La suite diverge selon les versions.

«Relation ouverte»

Marjorie Bourbeau a dit à la cour que St-Denis, qui réside à Terrebonne, lui aurait demandé d’aller dormir chez elle.

«Je pense qu’il m’a dit dans l’auto qu’on pourrait dormir dans le même lit, qu’il ne se passerait rien, juste dormir collés, qu’il avait une relation ouverte avec sa conjointe», a précisé la femme de 40 ans.

«J’ai dit : “Yves, on va mettre les affaires au clair, si tu viens chez nous, il y a un divan en bas, un divan en haut, j’ai des couvert[ur]es en masse, pis il y a une chambre d’amis”», a-t-elle poursuivi.

D’après la plaignante, St-Denis l’aurait toutefois rejointe dans son lit.

«Je me suis réveillée et ses lèvres étaient à deux millimètres de mes lèvres. Je me suis tourné la tête, wouah, il s’est mis à m’embrasser dans le cou, il me donnait plein de becs partout dans la face», a-t-elle détaillé.

La dame aurait finalement réussi à le repousser et le quinquagénaire est parti.

Témoignant pour sa défense, St-Denis a juré que c’était la conseillère qui lui avait offert un toit pour la nuit.

L’ex-politicien a mentionné avoir «eu un choc [en voyant] l’état de délabrement de la maison», et avoir décidé de partir peu de temps après son arrivée.

Il se serait déplacé dans la chambre de Mme Bourbeau pour lui faire la bise et lui dire au revoir, sans plus.

Mauvaise blague

St-Denis a quitté le caucus libéral en avril 2018, lorsqu’une employée politique a affirmé qu’il lui avait envoyé une image d’un homme recevant une fellation.

Le député exclu s’était défendu en disant qu’il s’agissait d’une blague.

Il a été défait aux élections d’octobre dernier en tant que candidat indépendant.

– Avec la collaboration de Christian Plouffe