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Une histoire qui ne tient pas la route

Jean-Louis Fortin et Félix Séguin | Bureau d'enquête

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) se penche sur des allégations de fabrication de preuve et de techniques d’enquête douteuses qui touchent l’Unité permanente anticorruption (UPAC), comme le révélait notre Bureau d’enquête, hier.

Selon nos sources, les enquêteurs du BEI étudient plusieurs cas qui se seraient produits entre 2012 et 2018, à l’époque où Robert Lafrenière dirigeait l’UPAC. Parmi ces cas, il y a l’épisode dans lequel André Boulanger, alors numéro 2 de l’UPAC, intercepte le député Guy Ouellette à la manière d’un patrouilleur autoroutier.

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Ce récit, sous la plume de l’enquêteur de l’UPAC Jean-Frédérick Gagnon, apparait dans un affidavit présenté à l’honorable juge Serge Champoux, du district judiciaire de Granby.

C’est sur la base de ce qu’il lisait, entre autres, que le juge a autorisé plusieurs mandats de perquisition.

Certains éléments du récit font sourciller, d’autres semblent carrément ne pas tenir la route.

UPAC- suivi

André Boulanger décide d’entamer une poursuite au motif qu’un véhicule le dépasse alors qu’il circule à 114 km/h.

Est-il normal que le directeur des opérations de l’UPAC, deuxième plus haut gradé de cette organisation, intercepte un individu sur l’autoroute 20, comme le ferait un patrouilleur ?

La poursuite dure 20 kilomètres sans que le policier ne mentionne avoir demandé du renfort. André Boulanger tenait vraiment à intercepter l’Infiniti noire lui-même.

Le policier affirme que c’est en arrivant du côté passager du véhicule, une fois la poursuite terminée, qu’il constate que c’est Guy Ouellette qui se trouve au volant. Ignorait-il vraiment l’identité du conducteur avant ce moment précis ?

Après 10 minutes de poursuite autoroutière à haute vitesse, le policier indique simplement à Guy Ouellette que la portière du compartiment d’essence est ouverte, et le laisse repartir sans constat d’infraction.

 

 

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