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«Aladdin»: les merveilles d’Agrabah!

Isabelle Hontebeyrie

 - Agence QMI

Capture d'écran: YouTube

C’est à Guy Ritchie que les studios Disney ont confié la tâche de retourner à Agrabah, ville d’«Aladdin», excellent film d’animation de 1992. Et personne dans l’équipe de production n’a ménagé ses efforts pour donner vie à ce royaume et ces personnages imaginaires... pas même Will Smith, qui incarne le génie de la lampe merveilleuse.

Comme dans le classique animé des studios de la souris, Aladdin (Mena Massoud, un Canadien né en Égypte) est le prince des voleurs. Il rencontre par hasard la princesse Jasmine (Naomi Scott), déguisée en femme du peuple, dont il tombe éperdument amoureux. Mais son père, le Sultan (Navid Negahban), veut lui trouver un époux approprié, tandis que Jafar (Marwan Kenzari), puissant sorcier et conseiller du Sultan, n’a d’autre ambition que de lui ravir le trône. Quand Aladdin fait apparaître le Génie (Will Smith) d’une lampe magique, il demande à être transformé en prince Ali afin de conquérir le cœur de sa belle!

Avec cette nouvelle version, le défi des producteurs Dan Lin et Jonathan Eirich était double. «Nous avions le canevas parfait du film de 1992 dont nous savions qu’il marchait. Nous devions juste trouver des manières supplémentaires de l’améliorer et de le moderniser», a dit Dan Lin, producteur de succès tels que «Le film Lego» et «Sherlock Holmes». Ce n’est pas un hasard si Guy Ritchie («Arnaques, crimes et botanique», entre autres) s’est retrouvé à mettre en prises de vue réelles le scénario de John August («Big Fish: La légende du gros poisson»).

Le cinéaste britannique, connu pour son style inimitable, a immédiatement plongé dans l’univers de ce conte des «Mille et une nuit» en 2016. «J’y ai vu cette espèce de clash entre deux mondes. C’est l’histoire d’un gamin des rues qui fait face à ses insécurités, dans un environnement Disney. Cet environnement Disney m’a donné un nouvel espace dans lequel découvrir et expérimenter un univers familier. J’aime me lancer dans de nouveaux défis créatifs et cela en était certainement un», a-t-il indiqué. De plus, son côté paternel s’est satisfait de cette nouvelle version. «Cela m’intéressait beaucoup de faire une comédie musicale. J’ai cinq enfants, cela influence donc mes décisions.»

Les personnages: nouveautés ou pas?

Dès le départ, la production souhaitait de nouveaux visages pour les rôles d’Aladdin et de Jasmine, mais aussi des acteurs représentant la diversité culturelle du Moyen-Orient. Le processus de distribution des rôles a donc été gigantesque. Ainsi, quelque 2000 acteurs ont été passés en audition dans des pays aussi divers que l’Inde, l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Angleterre.

Mena Massoud a appris qu’il serait Aladdin alors qu’il se trouvait sur le plateau de la série télévisée «Jack Ryan». Il s’est ensuite astreint à des exercices physiques, des leçons de chant, de jonglerie, de danse et de plongée. Naomi Scott (vue dans «Power Rangers»), l’interprète de Jasmine, a souligné voir «une femme résiliente et indépendante» dans son personnage. Dalia (Nasim Pedrad, connue pour sa participation à cinq saisons de «Saturday Night Live»), servante et confidente de Jasmine, a été créée de toutes pièces afin de renforcer le personnage de la princesse.

Le plus complexe a été le choix de l’acteur incarnant le Génie, doublé avec une maestria inoubliable par Robin Williams dans le dessin animé. «Une fois que nous nous sommes rencontrés et qu’il m’a expliqué qu’il voulait rendre l'histoire plus authentique et la placer dans un environnement plus réaliste, tout en y ajoutant des références occasionnelles à la culture populaire, j’ai accepté», s’est remémoré Will Smith de son premier entretien avec Guy Ritchie. «Le style de Guy se situe entre l'action et la musique, et il souhaitait se concentrer sur des aspects des personnages différents de ceux auxquels on s'attend dans un film de Disney et qui sont uniques, intelligents et amusants.»

«C’est le premier projet depuis ¨Le prince de Bel-Air¨ dans lequel j’ai utilisé autant des choses que j’aime faire. Dans ¨Aladdin¨, j’ai pu chanter, danser, rapper, jouer à la fois la comédie et le drame. Cela a été une excellente occasion pour moi d’utiliser pleinement mes habiletés artistiques», a ajouté l’acteur.

Au chapitre des nouveautés, Jafar possède maintenant un passé, révélé par le producteur Jonathan Eirich. «Nous avons créé une histoire pour Jafar afin de donner au public un aperçu de la personne qu'il était avant de venir au palais. Il s’avère qu’il est un orphelin, comme Aladdin, et qu’il a gravi les échelons pour devenir le second du Sultan.»

Une musique complètement revue

Malgré une modernisation marquée, incluant dans les numéros musicaux qui ont eu droit à une transformation radicale, Guy Ritchie a tenu à conserver tout le lustre du dessin animé. « C'est une comédie musicale dans sa forme traditionnelle la plus pure et j'ai aimé ce défi. Je n’ai pas essayé d’être trop ambitieux ni de réinventer la roue en termes de comédie musicale, mais j’ai voulu qu’¨Aladdin¨ soit modernisé tout en conservant le ton original du premier film.»

«Aladdin» en chiffres étonnant

– La ville d’Agrabah a été construite en 15 semaines dans les studios de Longcross, en Angleterre. Le décor, fruit de l’imagination de Gemma Jackson («Le trône de fer»), occupait un espace égal à deux terrains de football.

– Lorsque le prince Ali arrive au palais du Sultan, il fait son entrée sur un chameau de 30 pieds de haut, composé de 37 000 capitules floraux, que 15 modélistes ont mis trois semaines à assembler.

– Le numéro dansant et chantant de «Prince Ali» – dont les paroles ont été réécrites – a nécessité cinq jours de tournage de la part des 250 danseurs et des 200 figurants. Les scènes ont été captées par sept caméras.

– Les scènes de «Pour une bouchée d'pain», pour laquelle Mena Massoud a porté une GoPro sur sa ceinture, ont été filmées par Guy Ritchie tant en accéléré à 18 images par secondes, qu’au ralenti à 36 images par secondes.

– La princesse Jasmine porte neuf tenues dans le film.

– Le tapis volant? Il a été construit sur une plateforme hydraulique à six axes.

«Aladdin» illumine les écrans des salles obscures de la province dès le 23 mai.