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Cannes sous le charme d’Almodovar et de Penélope Cruz

Maxime Demers | Le Journal de Québec

Le réalisateur espagnol réputé Pedro Almodovar a conquis la Croisette avec son nouveau film, Douleur et gloire, un drame très personnel et largement autobiographique qui réunit à l’écran deux de ses acteurs fétiches, Antonio Banderas et Penélope Cruz.

Est-ce que ce sera enfin l’année de Pedro Almodovar ? C’est la question qui était sur toutes les lèvres samedi matin à Cannes après que le cinéaste espagnol eut livré le premier grand coup de cœur de la compétition du festival jusqu’à maintenant.

Un des chouchous du festival, Almodovar (Tout sur ma mère, Volver) a présenté cinq de ses films précédents en compétition, mais il n’a jamais remporté la Palme d’or. Rien n’est gagné encore, mais il est devenu samedi le premier sérieux prétendant au prestigieux prix cette année.

« Je n’ai pas connu de pluie plus heureuse que celle de ce matin, a d’ailleurs admis Almodovar en conférence de presse samedi midi lorsqu’un journaliste lui a demandé sa réaction à la suite du triomphe qu’a reçu son film la veille.

« Je crois que je ne vais pas pouvoir oublier la soirée de samedi. Ç’a été une expérience exceptionnelle. »

Almodovar, 69 ans, a beaucoup puisé dans sa vie et ses souvenirs personnels pour écrire Douleur et gloire, son 23e long métrage. Le film met en scène un cinéaste désabusé et déprimé (joué par Antonio Banderas) qui s’est retiré de la vie publique depuis que des problèmes de santé l’empêchent de continuer à tourner. Des retrouvailles avec un acteur qu’il a dirigé 30 ans auparavant l’inciteront à réfléchir sur sa vie, son parcours et l’importance de son art.

« Le film n’est pas un récit littéral de ma vie, mais tout ce que vit le personnage aurait très bien pu m’arriver, a précisé samedi Almodovar. Quand j’écris un scénario, je me base sur des choses que j’ai vécues, mais la fiction s’ajoute pendant le processus d’écriture. Je ne peux pas vous donner le pourcentage de ce qui est vrai ou faux dans le film. Pour moi, le plus important, c’est le mélange des deux. »

Magnifique Penélope

D’une grande maîtrise et d’une élégance remarquable, Douleur et gloire s’appuie sur une performance magistrale d’Antonio Banderas, qui se révèle particulièrement touchant dans la peau de l’alter ego d’Almodovar. Penélope Cruz, qui avait déjà joué dans plusieurs films précédents du cinéaste espagnol, brille également dans le rôle de la mère du cinéaste dans les scènes qui relatent son enfance.

« Après avoir lu le scénario, j’ai eu une certaine pudeur à poser des questions à Pedro, parce j’ai senti qu’il mettait sa vie devant nous, a souligné samedi l’actrice de 45 ans. J’ai donc voulu traiter avec respect et délicatesse ce beau rôle qu’il m’a fait l’honneur de me confier. »

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