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Grands pollueurs du Québec: les règles doivent être renforcées

Agence QMI

Les plus grands pollueurs du Québec devront en faire davantage, face à l’urgence d’agir sur la réduction des gaz à effet de serre, croit Patrick Bonin de Greenpeace Canada qui réclame un renforcement de la réglementation.

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En entrevue samedi, à LCN, le porte-parole de Greenpeace Canada a réitéré les appels lancés par les groupes environnementaux face à l’urgence d’agir pour une transition écologique.

Il estime que les règles pour le Fonds vert ou la Bourse du carbone doivent être mieux encadrées. Il réagissait au dossier du «Journal» de samedi sur l’environnement.

On y apprenait notamment que malgré le Fonds vert et la Bourse du carbone, les plus gros pollueurs de la province polluent toujours autant. Pire, leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ont bondi. Ainsi, entre 2016 et 2017, les grands émetteurs de GES ont accru leurs rejets gazeux de 5,31 %, soit un million de tonnes de plus, selon une compilation des données du ministère de l’Environnement.

Patrick Bonin ne s’explique pas pourquoi les pollueurs paient pour avoir le droit de polluer gratuitement. «Pour 2017, les grandes entreprises ont reçu plus de droits de polluer gratuits qu’ils ont eus d’émissions», a expliqué celui qui responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada depuis 2012.

Selon lui, «il faut que les entreprises paient pour leur pollution» et que la facture de l’utilisation des hydrocarbures ne soit plus refilée à l’ensemble de la société.

Il a cité en exemple les coûts engendrés par les changements climatiques, comme avec les inondations, les érosions côtières, l’infrastructure routière en raison des tempêtes dans le bas du fleuve ou aux îles de la Madeleine. «C’est directement en lien avec l’augmentation du niveau de la mer, avec l’augmentation des émissions de CO2», a-t-il ajouté.

L’environnementaliste espère que contrairement aux libéraux, qui ont «failli», le gouvernement de François Legault va se coller sur la science. «Le gouvernement [caquiste] s’est engagé à faire une réforme du Fonds vert, qui finance justement des mesures de réductions du gaz à effet de serre. Il faut comprendre que l’ancien gouvernement a gaspillé énormément d’argent», a-t-il dit.

«Ce n’est pas Grenpeace qui demande de couper les émissions mondiales de moitié d’ici 2030, c’est la science de l’ONU», a-t-il précisé.

Patrick Bonin croit qu’il faut absolument «renforcer la réglementation [et] surtout arrêter de financer les pétrolières ou même les cimenteries».

Au contraire, a-t-il dit, le Québec doit tabler sur l’hydroélectricité, qui est 100 % énergie renouvelable pour réduire les émissions dans le secteur de l’industrie.

Chez Nature Québec, on croit que le gouvernement doit davantage se tenir debout devant les entreprises qui menacent de déménager pour éviter de se conformer.

«Je pense qu'il faut résister au chantage à l'emploi presque continuel des entreprises qui menacent d'aller en Chine ou en Asie, a affirmé en entrevue à TVA Nouvelles, Christian Simard, directeur général de l’organisme. Elles appellent ça, les entreprises, c'est la fuite du carbone: “Si vous nous obligez à bien agir au Québec, on va aller polluer ailleurs”.»