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Le CUSM doit verser 20 000$ à un ex-médecin

Éric Yvan Lemay | Journal de Montréal

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a été condamné à payer 20 000 $ à un de ses anciens médecins vedettes pour avoir fouillé dans son dossier médical et révélé qu’il souffrait d’un cancer.

Dans un jugement récent, on apprend qu’un des directeurs de l’établissement a consulté à deux reprises le dossier du Dr Seang Lin Tan au moment où il était traité pour un cancer à l’Hôpital Royal Victoria.

C’est l’ancien directeur associé, le Dr Timothy Meagher, qui a fait cet aveu dans le cadre de la poursuite intentée par le Dr Tan contre le CUSM.

« Personne ne devrait avoir accès à un dossier médical sans le consentement du patient. Comme professionnel de la santé, le Dr Meagher aurait dû le savoir », écrit David Collier dans son jugement.

Le Dr Tan est bien connu pour avoir dirigé pendant des années le Centre de reproduction McGill, l’un des plus importants laboratoires de fécondation in vitro (FIV) au Québec. Il a notamment aidé l’animatrice Julie Snyder.

Sa femme sous le choc

À l’époque de ses traitements, en 2009, le Dr Tan n’avait pas informé la plupart de ses collègues. Sa femme a eu tout un choc lorsqu’un médecin de la Corée du Sud l’a appelée parce qu’il s’inquiétait du cancer de son mari.

Lors d’une cérémonie tenue par l’hôpital, un autre collègue a révélé qu’il se battait contre un cancer. « Cela a été fait sans égard à la vie privée du Dr Tan et lui a causé de l’humiliation », soutient le juge Collier.

Ce dernier n’a toutefois pas accordé les quelque 23 millions $ que le spécialiste réclamait au CUSM en pertes de profits et de revenus.

Le litige entre l’hôpital et le médecin a débuté avec la décision du gouvernement de rendre gratuits les traitements de FIV. L’établissement craignait de ne pouvoir répondre à la demande dans le nouvel hôpital.

Pertes de revenus

Dans les mois suivants, le Dr Tan a ouvert une autre clinique sur le boulevard Décarie. Selon lui, son ancien employeur devait lui adresser des patients qu’elle avait en trop.

Or, il n’en sera rien et le Dr Tan a intenté des recours. En plus des pertes de revenus dans sa nouvelle clinique, il a prétendu que le CUSM lui devait des millions de dollars impayés dans la période où il dirigeait le Centre de reproduction McGill, de 1996 à 2009.

Le juge a estimé que le Dr Tan n’avait pas droit à ces sommes.

Il l’a également condamné à rembourser 271 000 $ pour des équipements achetés par le CUSM, mais utilisés dans sa clinique du boulevard Décarie.

Le Dr Tan a, depuis, inscrit une demande d’appel de la décision.