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Le vice-amiral Mark Norman raconte son cauchemar

Agence QMI

ÉMILIE BERGERON/AGENCE QMI

Totalement blanchi de l’accusation criminelle qui pesait contre lui, le vice-amiral Mark Norman est aujourd’hui un homme marqué.

Dans une longue entrevue accordée au quotidien «National Post», publiée samedi, le numéro un de la Marine canadienne a raconté comment il a été traité comme un criminel, alors qu’il ne le méritait pas au bout du compte.

Mark Norman a été accusé d’abus de confiance parce que, prétendait-on, il avait tenté de favoriser les chantiers Davie de Lévis lors de l’attribution du contrat du navire ravitailleur «Astérix», s’élevant à 600 millions $. Le militaire avait, soutenait-on, coulé des informations confidentielles provenant du Conseil des ministres fédéral, un geste criminel selon le droit canadien.

Or, l’accusation a été retirée le 8 mai dernier pendant un bref procès, en raison de preuves insuffisantes. Des allégations d’ingérence politique de la part du gouvernement Trudeau ont également fusé.

La semaine dernière, les députés de la Chambre des communes, dans une motion unanime, ont jugé bon de lui présenter des excuses publiques pour ce qu’il a enduré.

Cauchemar

Le cauchemar du vice-amiral Norman a commencé le 9 janvier 2017 lorsque sept policiers de la GRC ont cogné à la porte de sa maison du quartier Orléans, à Ottawa.

«Jamais je n’aurais cru de toute ma vie que (la GRC) se présenterait chez moi pour exécuter un mandat de perquisition», a-t-il confié au «National Post».

Les agents cherchaient des preuves que le vice-amiral avait coulé des informations du Conseil des ministres. Ils ont alors saisi plusieurs appareils électroniques.

«C’était humiliant. C’est la pire chose que je pouvais imaginer concernant ma carrière», a-t-il ajouté.

Le vice-amiral a ensuite été cloué au pilori. Le premier ministre Justin Trudeau ne s’est pas gêné pour déclarer quelques mois après, lorsque l’enquête a été ébruitée, qu’il s’agissait d’une «affaire importante» qui «va probablement se retrouver devant les tribunaux».

Mark Norman a aussi été relevé de ses fonctions et on lui a refusé l’accès à un programme d’aide financière pour les fonctionnaires fédéraux qui sont traduits devant les tribunaux.

Proche des Irving

Selon le «National Post» et d’autres médias, cette affaire aurait été provoquée par le député libéral et président du Conseil du Trésor, Scott Brison, qui a depuis démissionné de son poste et abandonné complètement la politique.

Proche de la toute puissante famille Irving, qui possède des chantiers maritimes au Nouveau-Brunswick et qui tentait d’obtenir le contrat du «Astérix», M. Brison aurait voulu démontre que la Davie avait été indûment favorisée.

Depuis, aussi bien le premier ministre Trudeau que le numéro un des Forces canadiennes, le chef d’État-major Jonathan Vance, ont nié catégoriquement toute interférence politique dans ce dossier.

Mark Norman, quant à lui, attend toujours de savoir s’il pourra réintégrer ses fonctions. Il a été informé récemment qu’Ottawa rembourserait les coûts de sa défense qui s’élèvent, selon lui, à 1 million $.

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