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Legault favorable à une aide fédérale pour bâtir des lignes électriques

Charles Lecavalier | Journal de Montréal

Le Journal de Québec

François Legault est favorable à une aide fédérale pour construire des lignes électriques entre provinces, pourvu qu’elle ne soit pas suspecte aux yeux des Américains, qui pourraient y voir une subvention cachée.

«Le gouvernement fédéral a financé le projet de Muskrat Falls à Terre-Neuve. Je ne vois pas pourquoi on se priverait d’aide du fédéral. Il faut juste le faire de façon stratégique pour ne pas que ça nuise aux exportations vers les États-Unis, et pour que le Québec garde sa pleine compétence», a lancé le premier ministre lundi lors d’un point de presse où il expliquait sa mission économique à New York et Washington.

L’énergie est au cœur de cette visite de M. Legault chez nos voisins américains, à qui il veut vendre davantage d’énergie. Le Québec entame d’ailleurs des négociations avec la ville et l’État de New York pour signer un contrat de près de 10 milliards $ sur 20 ans. M. Legault souhaite construire non pas une, mais deux lignes électriques vers New York, où le marché de l’énergie est très payant.

Une aide fédérale

Le Journal a révélé ce matin que la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) vient d’inscrire les interconnexions entre les réseaux électriques des provinces dans ses priorités d’investissement, ce qui pourrait grandement bénéficier à Hydro-Québec.

La BIC a reçu la somme de 5 milliards de dollars pour réaliser des projets d’infrastructure verte, notamment dans des projets d’électricité, comme des interconnexions entre les provinces.

Le PDG de la BIC Pierre Lavallée a également indiqué qu’il était ouvert à financer des projets de connexion hydroélectrique avec les États-Unis, alors qu’Hydro-Québec a dans sa mire d’importants contrats avec des États du Nord-Est des États-Unis.

M. Legault veut bien une aide pour des interconnexions entre provinces, mais rejette immédiatement l’idée d’un coup de pouce du fédéral pour exporter aux États-Unis. «Non. Je pense qu’il y aurait un risque réel qu’on se fasse taxer d’aide indirecte qui n’est pas jugée légale. Hydro-Québec est une entreprise qui a ses coûts. S’ils bâtissent une ligne de transmission, ils vont avoir un coût qu’ils vont passer aux éventuels clients. Si on a un prêt avantageux du fédéral, c’est une autre affaire», met en garde M. Legault.

Quant à la construction d’interconnexions entre provinces, «ça n’a rien à voir avec le prix qu’on pourrait charger aux Américains. Il faut juste s’assurer que ce soit bien fait comme il faut».

Des capitaux américains

Au matin, M. Legault a rencontré la numéro 2 de l’État de New York, Mme Hochul, et en fin d’après-midi il serrera la pince du maire suppléant de la ville de New York. M. Legault fera une présentation avec Yoshua Bengio, le grand manitou de l’intelligence artificielle à Montréal.

Le premier ministre veut attirer des capitaux américains, surtout dans le domaine de la finance internationale. «On essaie d’en ajouter dans le domaine financier. Des compagnies comme Morgan Stanley sont à leur troisième expansion au Québec. D’autres entreprises financières viennent également profiter de ce bassin de chercheur à Montréal», a indiqué le premier ministre.

Il a également fait du démarchage auprès du fonds d’investissement Avaio, intéressé à ouvrir des centres de données au Québec.