/news/politics

Bonnardel dans le métro: Une visite qui ne changera pas la donne

Camille Dauphinais-Pelletier

 - Agence QMI

La promenade en métro du ministre des Transports François Bonnardel n'est pas survenue au meilleur moment pour qu'il puisse vivre la véritable «classe sardine» que déplorent des clients de la STM, selon plusieurs.

Invité à venir constater l’achalandage sur la ligne orange depuis plusieurs mois, M. Bonnardel a pris le métro mardi matin vers 7 h 30 à la station Laurier, accompagné de la mairesse de Montréal Valérie Plante et de la ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau. Après avoir laissé passer un premier train, les trois élus se sont engouffrés dans un Azur bien rempli et sont ressortis quatre stations plus loin, à Champ-de-Mars.

Le moment choisi ne permettait pas de mesurer toute l’ampleur de la congestion: les cours sont terminés à l’université et dans plusieurs cégeps et, selon la Société de transport de Montréal (STM), c’est à 8 h que l’achalandage est à son plus fort à la station Laurier.

«En plus, c’est un mardi après un congé férié, beaucoup de gens allongent le congé. Il commence à faire beau, il y a plus de transport actif, les déplacements en vélo ont beaucoup augmenté récemment... Donc on se rend compte qu’opérationnellement, ce n’était pas le moment idéal [pour constater la congestion]», a mentionné Danielle Pilette, professeure à l’Université du Québec à Montréal et spécialiste en urbanisme.

Le président de Trajectoire Québec, François Pepin, croit pour sa part que le ministre Bonnardel n’ignore pas la réalité du métro, même s’il ne l’a pas emprunté lors de la journée la plus occupée de l’année. «Juste à voir les chiffres, on sait bien que la ligne orange est saturée. C’est bien d’aller sur le terrain, mais il y a d’autres moyens pour le savoir», a-t-il dit.

Le ministre a d’ailleurs mentionné en point de presse être bien au fait de la popularité du métro et avoir vu des images de la congestion qui peut y régner.

Selon Mme Pilette, la conjoncture politique n’était pas favorable non plus, alors que la mairesse Valérie Plante a présenté la semaine dernière à Québec une opinion critique par rapport au projet de loi sur la laïcité.

«C’était un exercice de relations publiques en grande partie pour le ministre des Transports, mais aussi la ministre déléguée Chantal Rouleau», a-t-elle dit.

 

Aucune annonce

Les ministres n’ont fait aucune nouvelle annonce concernant le transport en commun dans la métropole, se contentant de rappeler les grands chantiers en cours, comme le prolongement de la ligne bleue, la mise en place du SRB Pie-IX et l’agrandissement du garage Côte-Vertu. «Les engagements qu’on prend, c’est le plan de décongestion qu’on a mis sur la table au début de l’élection», a dit M. Bonnardel.

À LIRE ÉGALEMENT

Tout n'est pas perdu pour la ligne rose, selon le président de la STM

La visite du métro n’a pas changé sa perception. «Je connaissais déjà la situation. Je sais jusqu’à quel point le métro est très très très populaire à Montréal. Je le vois et je lis comme tout le monde la situation. Je pense que la STM, avec la Ville, a mis des mesures en place pour, dès cet automne, être capable de donner de l’oxygène à la ligne orange en augmentant les fréquences, en ayant la 445 qui va être sur Papineau», a-t-il dit.

Pour ce qui est de la ligne rose, les élus ont rappelé que c’est à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) d’évaluer ce type de projet.

Nombreux projets

Le prolongement de la ligne bleue pourrait coûter 4,5G$. Le gouvernement du Québec attend les analyses pour annoncer l'argent qu'il va débloquer.

Québec injectera également 1,3 milliard $ dans le REM, un projet évalué à 6,3 milliards $, sans compter les prolongements sous analyses

Il y a également le projet de service rapide de bus (SRB) sur Pie-IX pour désengorger la ligne orange et la réfection du pont sur la même artère. Québec va payer 514 des 592 millions $ de ce projet. 

Dans la Capitale nationale, le gouvernement pousse pour la construction d'un troisième lien à l'est et va injecter 1,2 miiliard $ dans le réseau structurant de la ville de Québec, un projet évalué à 3,3 milliards $.

Pour compléter le financement, Montréal sera amputé de 800 millions pour son transport en commun.

Par ailleurs, le responsable des transports de Québec, Rémy Normand, a assuré que le maire de Québec Régis Labeaume et Valérie Plante avaient discuté de ce dossier récemment.

Dans la même catégorie