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Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard arrêté pour cruauté animale

Maxime Deland | Agence QMI

Lions, tigres, zèbres, kangourous, chameaux : des centaines de bêtes ont été sauvées par des organismes de défense de droits des animaux, mardi, en Mauricie, tandis que le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé était arrêté pour cruauté animale.

Normand Trahan a été remis en liberté sous plusieurs conditions au terme de sa comparution au palais de justice de Trois-Rivières.

 

Il fait face à deux chefs d’accusation en matière de cruauté animale.

Une vaste perquisition s’est déroulée mardi sur le site du zoo, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Trois-Rivières, afin d’étoffer la preuve qui sera présentée contre M. Trahan.

C’est une enquête de la SPCA Montréal, en collaboration avec Humane Society International/Canada et la Sûreté du Québec, qui a mené à cette opération.

 

Installations délabrées

«Pour les animaux qui ont besoin de soins médicaux, on a une équipe médicale sur place pour régler ces problèmes-là. On est en train d’évaluer les animaux, mais clairement, nous avons vu des situations où certains d’entre eux auront besoin de soins», a expliqué en conférence de presse Ewa Demianowicz, porte-parole de Humane Society International/Canada, qui se spécialise notamment dans les sauvetages de masse d’animaux en difficulté.

Mme Demianowicz a également indiqué que plusieurs pensionnaires du zoo avaient été gardés dans des conditions «inadéquates et dans des installations délabrées», sans donner plus de détails sur les mauvais traitements, ni établir un décompte précis des bêtes.

 

Il faudra quelques jours, voire quelques semaines, aux différents intervenants pour évacuer tous les animaux du zoo et les transporter vers d’autres sanctuaires en Amérique du Nord.

Ce n’est pas la première fois que le Zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé est visité par les forces de l’ordre. À l’automne dernier, des animaux – des tigres et des oiseaux – avaient été retrouvés morts.

Quelques mois plus tôt, en plein mois de janvier, des agents de la protection de la Faune avaient sauvé trois lémuriens qui souffraient d’engelure. À l’époque, le propriétaire de l’endroit, Normand Trahan, s’était défendu en disant qu’il n’avait pas fait preuve de négligence. Il avait indiqué que des macaques avaient ouvert un loquet, ce qui avait permis aux lémuriens de sortir de leur enclos et de se retrouver à l’extérieur, au grand froid.

Protéger les animaux

Le propriétaire du Camping du Zoo Saint-Édouard, Léo Beaudin, s’est dissocié de la présumée cruauté animale dont aurait fait preuve son voisin. «On est deux propriétaires différents, je n’ai rien à voir avec ses activités à lui», a dit d’emblée M. Beaudin.

Ce dernier a toutefois admis que certains campeurs lui ont déjà fait remarquer que certains animaux du zoo semblaient amaigris, notamment.

«Des gens venaient au camping et allaient ensuite au zoo. Bien honnêtement, il y en a qui n’étaient pas tellement contents de leur visite au zoo», a indiqué M. Beaudin.

Ce dernier trouve très dommage que des animaux aient pu être maltraités sur le terrain voisin de son camping. «Vous savez, les animaux, c’est comme l’environnement. Il faut en prendre soin, il faut les protéger, c’est vraiment important», a-t-il dit.

S’il est reconnu coupable, Normand Trahan pourrait écoper d’un maximum de cinq années d’emprisonnement. Il doit revenir devant le tribunal le 21 juin pour la suite des procédures judiciaires.

Selon la SPCA Montréal, il s’agirait de la toute première fois au Canada qu’un propriétaire de zoo est arrêté pour cruauté animale.

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