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Un «dépotoir» dans leur cour

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

Stéphane Sinclair

Des résidents des Laurentides qui vivent à une trentaine de mètres d’un « dépotoir » abandonné, où une fumée nauséabonde émane des déchets de plastique qui brûlent, demandent aux autorités d’agir au plus vite.

«Il y a des journées où ça sent fort, ça ne doit pas être très bon pour la santé. J’ai deux enfants qui respirent ça en plus», s’inquiète Martine Labelle, une nouvelle résidente de la rue Alfred-Pellan dans le quartier de Bellefeuille, situé au nord-ouest de Saint-Jérôme.

Sa rue et son secteur jouxtent un site où des incendies se déclarent sporadiquement et pour une raison inconnue, dans une montagne de déchets composée de petites roches mélangées à des bouts de plastique colorés.

Le Journal a pu constater qu’il s’échappe de là une odeur désagréable de plastique brûlé.

Mme Labelle est arrivée en novembre dernier dans son nouvel appartement avec ses enfants. « Si j’avais su ça, je ne suis pas certaine que j’aurais loué ici, surtout si c’est toxique », a expliqué la dame, qui ajoute qu’il n’y avait pas d’odeur du genre à l’époque.

De nombreux citoyens des rues Alfred-Pellan et Jean-Paul-Riopelle disent aussi que les odeurs de fumée des derniers mois les incommodent.

Cuivre récupéré

«On sentait de la fumée depuis au moins trois mois. Je croyais que c’était des gens qui faisaient des feux de foyer», a indiqué au Journal une des habitantes du secteur.

Des feux se déclarent souvent dans cette montagne de déchets composée de petites roches mélangées à des bouts de plastique colorés, ce qui empeste dans tout le voisinage.

De nombreux experts contactés par Le Journal affirment qu’une analyse de l’air serait nécessaire pour déterminer si la fumée est toxique.

Le terrain a appartenu à Liberty Smelting Work, une compagnie qui ramassait des fils de cuivre dans les années 1960 pour y récupérer le précieux métal.

Sa méthode consistait à retirer la gaine de plastique recouvrant le cuivre, pour la jeter dans sa cour, là où se trouve aujourd’hui le « dépotoir ».

Le site a été laissé à l’abandon jusqu’à ce qu’un entrepreneur le rachète au début des années 2000 pour récupérer le plastique et revendre le terrain.

Solution recherchée

Le propriétaire du terrain, Jean-Pierre Cliche, est conscient du problème et affirme chercher des solutions. Il dit qu’il est intervenu en février pour éteindre le feu qui couvait dans la montagne de plastique.

Il croyait avoir réussi en pompant l’eau du lac artificiel situé à côté afin d’arroser le monticule. Cependant, le feu a repris début mai.

Une opération semblable a d’ailleurs été lancée vendredi pour venir à bout de l’incendie, selon la radio locale CIME.

«On ne sait pas pourquoi le feu a pris là. Est-ce une erreur humaine ou est-ce parce qu’il y a quelque chose dans le plastique qui chauffe et s’enflamme? On l’ignore encore», explique M. Cliche.

Ce dernier est à la recherche d’une solution avec la Ville de Saint-Jérôme. Il mentionne avoir trouvé un endroit pour pouvoir récupérer le plastique. Il veut aussi obtenir l’aide du gouvernement avec un programme de décontamination de vieux terrains industriels.

Contacté par Le Journal, le directeur des communications de la Ville a confirmé être au fait du dossier.

«On intervient régulièrement sur le terrain avec notre service incendie», assure Michel Therrien.

Pas de propagation

Il indique que la Ville a une rencontre prévue cette semaine avec le propriétaire et que celui-ci aura sept jours pour proposer une solution.

Le chef aux opérations de la sécurité incendie de Saint-Jérôme dit qu’il n’y a pas de risque de propagation du feu, même si les petits incendies se produisent depuis au moins l’été 2018.

«C’est vraiment limité à l’intérieur de la montagne de plastique et il n’y a pas de danger pour les habitations qui se trouvent à l’arrière. L’odeur du plastique est néanmoins déplaisante», confirme Patrice Brunelle.