/news/society

Aidants naturels: «j’ai pensé au suicide», témoigne Chloé Sainte-Marie

Michaël Labranche | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

La chanteuse Chloé Sainte-Marie s’est confiée sur la détresse psychologique à laquelle peuvent être confrontés les aidants naturels, mercredi, à QUB radio.

En entrevue avec Sophie Durocher, Mme Sainte-Marie a affirmé qu’elle avait déjà «pensé au suicide» lorsqu’elle assistait son défunt conjoint, le réalisateur Gilles Carles, alors atteint de la maladie du Parkinson.

«En 2007, j’ai pensé à me suicider et à tuer Gilles. Je suis passée par là. Et avant de le faire, j’ai dit à la préposée qui m’aidait bénévolement: "fais-moi rentrer à l’hôpital et fais-moi dormir". Et ils m’ont fait rentrer à l’hôpital et ils m’ont fait dormir pendant une semaine. Et je m’en suis tirée comme ça. Une cure de sommeil», a-t-elle déclaré.

La porte-parole de la Fondation Maison Gilles-Carle a également souligné le sentiment de solitude et l’importance de s’entourer quand on est un aidant naturel.

«C’est de partager la charge, de se faire aider. Parce que la détresse est tellement grande. C’est impossible de prendre cette charge-là seule. Et très souvent, quand on prend soin d’une personne aidée, la famille s’éloigne, les amis s’éloignent, alors on est seule.»

Décrivant ce qu’elle a vécu, Chloé Sainte-Marie a indiqué que le malade peut être réfractaire à ce que d’autres personnes lui prodiguent des soins.

«Quand moi j’ai commencé à prendre des préposées, Gilles les frappait. Il ne voulait pas personne d’autre que moi. C’est normal. Se voir dépérir sous le regard des étrangers, c’est encore plus douloureux», a-t-elle déclaré.

Mme Sainte-Marie a aussi relaté que Gilles Carle répétait sans cesse d’arrêter de «l’infantiliser et de l’humilier».

«Il pouvait prendre une heure à attacher un bouton de chemise. Moi, je lui disais: "laisse-moi t’aider". Il ne voulait pas. C’est beau qu’il ne veuille pas, mais je savais très bien qu’il n’arriverait pas à mettre ses souliers, ses pantalons. Donc il faut l’aider, mais il ne veut pas se faire aider. Et à partir du moment qu’il accepte l’aide de son aidante, il n’en veut pas de personne d’autre. Le malade est égoïste. La personne malade est suprêmement égoïste», a-t-elle raconté.

- avec la collaboration de Jean-Philippe Daoust

ÉCOUTEZ l'entrevue de Chloé Sainte-Marie à QUB radio:

 

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info

1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, j’écoute

www.jeunessejecoute.ca

1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com

1-800-263-2266