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Trop tard pour sauver les journaux en crise?

Pierre-Olivier Zappa | TVA Nouvelles 

Promise il y a six mois par le gouvernement Trudeau, l’aide aux médias se fait toujours attendre. Les journaux en crise n’y auront pas droit avant l’an prochain et il risque d’être trop tard selon l’Association des journaux régionaux du Québec.

«La crise est maintenant, les actions doivent être prises maintenant !», scande Brenda O’Farrell, administratrice de l’association. Elle ne serait pas surprise si plusieurs hebdomadaires régionaux déclaraient faillite au cours des prochaines semaines.

«Il n’y a personne qui ouvre des journaux. Une fois qu’ils sont partis, ils sont partis», déplore-t-elle.

Son association a été choisie par le ministère du Patrimoine mercredi pour faire partie des huit organisations responsables de choisir les critères d’admissibilité au programme d’aide du gouvernement fédéral. Ce programme de 595 millions $ sur cinq ans prendra la forme de différents crédits d’impôt.

«On est rendu à environ 50 % de pertes d’emplois dans l’industrie de la presse écrite au Canada», s’inquiète Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications. Son organisation, qui représente 6000 travailleurs, conseillera également le gouvernement fédéral.

«C’est sûr que ça tarde avant que les médias touchent à ces sommes-là », souligne-t-elle. Elle estime néanmoins que ces délais permettront d’accoucher d’un programme équitable et soucieux de l’indépendance des médias.

Le ministre se défend

Le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez défend la lenteur de son gouvernement. «C’est un dossier fondamental. On voulait prendre le temps de bien le faire. On voulait s’assurer qu’on respectait un principe fondamental, soit la liberté et l’indépendance de la presse, insiste-t-il. On a pris un peu de temps pour le faire, mais c’est là et ce sera bien fait.»

L’aide du fédéral risque toutefois d’arriver trop tard pour des journaux comme ceux du Groupe Capitales Médias, qui n’auront plus d’argent d’ici à la fin de l’été. Voilà pourquoi, selon nos informations, le gouvernement Legault pourrait lui aussi voler au secours des journaux en difficulté dès le mois prochain. Le comité interministériel responsable du dossier analyse la possibilité de débloquer rapidement un programme pour éviter des fermetures de journaux.

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