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Twenty One Pilots en grande forme au Centre Bell

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Si la maladie mentale constitue le thème principal de son dernier album, «Trench», Twenty One Pilots n’a laissé paraître aucun signe de mal-être au Centre Bell, mercredi soir. Le duo américain était en grande forme et a proposé tout un voyage, haut en sons et lumières, au cœur de son plus récent opus et de son précédent, «Blurryface».

La représentation montréalaise de la tournée «Bandito Tour» a commencé de peu commune façon, avec l’image d’une véritable voiture enflammée sur scène.

Les 11 580 personnes présentes étaient apparemment des irréductibles de Twenty One Pilots, plusieurs n’ayant pas tardé une seconde à entonner les paroles de «Jumpsuit», qui guidait ce premier tableau visuellement puissant.

Celui-ci s’est conclu dans un bruit d’explosion inattendu, après une fine pluie de confettis abattue sur les têtes des spectateurs qui se tenaient debout au parterre. Les dernières paroles ont été littéralement hurlées par le chanteur-pianiste-guitariste-bassiste Tyler Joseph, moitié du tandem complété par le batteur-percussionniste-trompettiste Joshua Dun.

Rap et rock

Se sont ensuite enchaînées les très rap «Levitate», marquée par un solo de batterie livré dans un faisceau lumineux, et «Fairly Local», avant qu’une rumeur extrêmement favorable accueille «Stressed Out», l’une des bombes du répertoire de la formation.

Twenty One Pilots, connu pour son rock et son rap souvent parsemés de pop et d’électro, baptise présentement sur la route le contenu de son cinquième opus, «Trench», lancé en octobre dernier. La totalité de cette récente collection, 14 pièces, est jouée dans le «Bandito Tour», incluant l’extrait «My Blood», qui a cartonné tout l’automne. Le groupe accorde également une large place aux morceaux de son remarqué précédent effort, «Blurryface» (2015).

«Heathens», dérivée de la bande sonore de «Suicide Squad», et «Ride», notamment, ont causé le délire dans les gradins. Les admirateurs ont aussi répondu avec un enthousiasme démesuré et battu énergiquement des bras aux «Yeah, Yeah, Yeah!» de «We Don’t Believe What’s On TV».

Euphorie

Le spectacle se déployait autant en chair et en os dans les mouvements, les interprétations et les simagrées de Twenty One Pilots, mercredi, que dans la mise en scène éclatée et sans répit qui servait de cadre à Joseph et Dun.

Le premier a multiplié les changements de costumes, tandis que le second ne s’est pas enfargé dans les politesses en se produisant longtemps torse nu.

Les différents segments évoquaient la ligne conductrice de «Trench», soit l’anxiété qui afflige un personnage prisonnier de la ville fictive de Dema. Nul besoin toutefois d’être conscient du concept pour apprécier les hallucinantes fioritures de ce «Bandito Tour» rempli de surprises: motifs psychédéliques assourdissants renvoyés par l’écran géant, éclairages omniprésents, petites et grosses lumières crépitant sans arrêt partout, jets de fumée et autres fantaisies.

Le public, lui, a suivi le mouvement, trop heureux de faire la fête et de contribuer à l’euphorie ambiante.