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Zoo de Saint-Édouard: euthanasier les animaux plutôt que les soigner?

TVA Nouvelles

Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé, arrêté hier pour cruauté animale, privilégiait l’euthanasie plutôt que d'apporter des traitements vétérinaires à ses bêtes.

Au point où un vétérinaire qui soignait les animaux avait renoncé en 2018 à travailler pour Normand Trahan, car celui-ci ne suivait pas ses recommandations, selon des documents obtenus par TVA Nouvelles.

Dans ces rapports, il est fait état d’animaux amaigris, de sabots trop longs ainsi que d’un lionceau présentant un retard de croissance marqué en raison d’un manque de supplément dans son alimentation.

Lorsqu’on lui suggérait, par exemple, d’effectuer des radiographies sur des animaux dont l’état de santé laissait à désirer, le propriétaire du zoo refusait cette option pour des raisons strictement financières. Cela avait été noté entres autres cas, pour des radiographies à faire sur une lionne de même que sur une louve.

 

Au lendemain d’une impressionnante perquisition, la SPCA poursuivait son travail mercredi alors qu’on apprend que le propriétaire aurait été mis en infraction à plusieurs reprises par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

M. Trahan a été remis en liberté sous plusieurs conditions au terme de sa comparution d'hier au palais de justice de Trois-Rivières, où il a été accusé de deux chefs de cruauté et de négligence envers les animaux. Son retour en cour est prévu le mois prochain.

Deux investisseurs intéressés

Deux investisseurs de la région de Montréal qui s’étaient montrés intéressés l’an dernier à acquérir le zoo n’ont pas été réellement surpris en apprenant l’arrestation de son propriétaire et les accusations portées à son endroit.

«C’est une chose, ce que les visiteurs voyaient [de l’extérieur], mais ça en est une autre, ce qui se trouvait à l’intérieur de cette entreprise-là», confie Philip Éthier, l’un de deux investisseurs avec Alessandra Magini qui étaient liés par une entente de confidentialité, dans le cadre du processus de négocation, laquelle les empêchait de révéler ce qu’ils pouvaient constater lors de leurs visites des lieux.

Et ce qu’ils y ont vu n’avait rien de rassurant. «Moi-même, je ne me sentais pas bien à l’intérieur ou dans le sous-sol, où c’était plus rouillé, plus délabré. Il y avait de la poussière, les plafonds étaient à moitié défoncés. Je me demandais comment un animal pouvait passer l’hiver au complet dans ce bâtiment-là», relate M. Éthier.

À la suite de leurs observations, les deux entrepreneurs ont pensé porter plainte, mais cela n’a pas vraiment été nécessaire. «Vous pouvez constater, dans le document de 75 pages du MAPAQ (ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec), toutes les plaintes qui ont été portées contre le zoo depuis 2016. Nous ne sommes pas restés les yeux fermés ni les bras croisés, c’est certain que nous avons pris action à régler la situation et l’état de santé des animaux.»

«On savait ce qui se passait, mais on ne savait pas à quel point la situation était grave», admet Mme Magini.

Faute d’une entente sur les aspects monétaires, la transaction avec le zoo de Saint-Édouard ne s’est jamais concrétisée. Cependant, lorsque le bilan de santé des nombreux animaux sera complété, Philip Éthier et Alessandra Magini ne ferment pas la porte à l’achat éventuel de l’entreprise ou encore d'un autre zoo.

Pour le moment, aucun animal n’a quitté les installations du zoo, indique la SPCA, chargée d'assurer l’alimentation et les soins de ses pensionnaires.

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