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Embouteillage sur l'Everest, deux nouveaux décès d'alpinistes

Agence France-Presse

Il faut faire la queue en ce moment pour atteindre le toit du monde, avec une attente de plusieurs heures près du sommet de l'Everest dans l'Himalaya, ont rapporté jeudi des organisateurs d'expéditions en annonçant parallèlement deux nouveaux décès d'alpinistes.

Plus de 200 alpinistes ont profité mercredi du temps clair pour grimper, depuis le Népal et la Chine, sur le plus haut sommet du monde qui culmine à 8848 m. Mais les équipes ont dû attendre leur tour pendant des heures au risque d'attraper des engelures et le mal d'altitude.

Un Américain et une Indienne, tous deux âgés de 55 ans, sont morts sur l'Everest en ce jour de très forte affluence, a-t-on appris auprès des organisateurs de leurs expéditions.

Donald Lynn Cash s'est effondré au sommet alors qu'il prenait des photos et Anjali Kulkarni est morte durant la descente après avoir atteint le sommet. L'organisateur de l'expédition d'Anjali Kulkrani, Arun Trek, a incriminé l'encombrement au sommet, soulignant que cela avait retardé sa descente.

«Elle a dû attendre un long moment pour atteindre le sommet et descendre», a expliqué Thupden Sherpa. «Elle ne pouvait descendre seule et est morte pendant que les guides Sherpas la descendaient».

Pasang Tenje Sherpa, de Pioneer Adventure, a précisé à l'AFP que Donald Lynn Cash s'est effondré au sommet et est mort près du ressaut Hillary alors que les guides le ramenaient.

Ces deux décès portent à quatre le nombre d'alpinistes morts sur l'Everest depuis le début de la haute saison le mois dernier. Entre fin avril et fin mai, la météo offre une courte fenêtre de conditions moins extrêmes et plus propices à l'ascension.

Un alpiniste indien, Ravi Thakar, 28 ans, est mort la semaine dernière et un alpiniste irlandais de la même expédition, Seamus Lawless, 39 ans, est présumé mort après avoir glissé et être tombé dans une zone située à 8300 m d'altitude.

Parallèlement, six autres grimpeurs étrangers ont péri sur les 8000 m du Népal et deux manquent à l'appel.

Sur l'Everest l'année dernière, cinq personnes avaient perdu la vie.

La libéralisation de l'ascension de l'Everest par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé des expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois.

Cette année, le Népal a émis pour la saison de printemps le nombre record de 381 permis, au prix unitaire de 11 000 dollars, selon les dernières données disponibles, faisant naître des craintes d'embouteillages sur la route du sommet.

Chaque titulaire d'un permis étant accompagné d'un guide, cela signifie qu'environ 750 personnes s'élanceront sur la même voie en quelques semaines.

Au moins 140 autres ont reçu des permis pour escalader l'Everest depuis le flanc nord au Tibet, selon des opérateurs d'expéditions. Au total, le nombre d'alpinistes sur l'Everest pourrait cette année dépasser le record atteint l'an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet.

L'Everest a été conquis pour la première fois en 1953 par le Népalais Tenzing Norgay et le Néo-Zélandais Edmund Hillary.