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Trump déplore la sortie de prison du «taliban américain»

AFP

Donald Trump s'est dit «préoccupé» par la libération jeudi du «taliban américain» John Walker Lindh, qui selon le président «n'a pas renoncé à l'apologie du terrorisme» durant ses 17 ans passés en prison.

L'homme de 38 ans, qui avait rejoint l'Afghanistan, a quitté le pénitencier de haute sécurité de Terre Haute dans l'État de l'Indiana tôt dans la matinée.

«Nous allons le surveiller de près», a assuré M. Trump, en déplorant qu'aucun recours juridique n'ait été possible pour retarder la fin de sa détention.

«S'il y avait eu un moyen d'empêcher ça, je l'aurais fait en deux secondes», a-t-il assuré.

Cette libération est «inexplicable et dépasse l'entendement», avait auparavant estimé le secrétaire d'État et ex-patron de la CIA, Mike Pompeo.

«D'après ce que je comprends, il menace toujours les États-Unis d'Amérique et il croit toujours au jihad qu'il a mené et qui a tué un grand Américain», l'agent d'élite de la CIA Johnny Spann, avait expliqué M. Pompeo.

La semaine dernière, les sénateurs Richard Shelby et Maggie Hassan s'étaient inquiétés des «implications en matière de sécurité» face à «des individus comme John Walker Lindh qui continuent à appeler ouvertement à la violence extrémiste».

Et Alison Spann, la fille de l'agent de la CIA, avait demandé à Donald Trump de bloquer sa libération anticipée, estimant qu'il n'était «pas un prisonnier repenti».

John Walker Lindh avait été capturé fin novembre 2001 lors de l'offensive militaire menée par les États-Unis après les attentats du 11-Septembre, et condamné à 20 ans de prison par un tribunal américain en octobre 2002.

Il avait plaidé coupable d'avoir «rendu des services aux talibans» et combattu aux côtés des insurgés, tout en assurant n'avoir pas pris les armes contre son propre pays.

Né dans une famille catholique installée près de San Francisco, en Californie, il s'est converti à l'islam au lycée.

Il est parti au Yémen à 17 ans, en 1998, pour y étudier l'arabe, avant de se rendre au Pakistan puis rejoindre les talibans en Afghanistan en 2001, quatre mois avant le 11-Septembre, pour selon lui lutter contre l'Alliance du Nord du commandant Massoud.

Il avait passé plusieurs semaines dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda.

Après sa capture, il avait été détenu avec d'autres talibans dans une prison près de Mazar-i-Sharif (nord). Le jeune homme avait alors été interrogé par Johnny Spann.

Mais celui-ci avait été tué peu après lors d'une mutinerie, devenant le premier Américain mort dans la «guerre contre le terrorisme» lancée par George W. Bush.

Lors de son procès, il avait admis avoir fait «une erreur» en rejoignant les combattants islamistes et condamné «sans ambiguïtés» le terrorisme lors de son procès.

Mais en 2017, la revue Foreign Policy avait cité un rapport du Centre national antiterroriste affirmant qu'en mars 2016 il «continuait à prôner la guerre sainte mondiale et écrire ainsi que traduire des textes extrémistes violents».

Selon Alexander Meleagrou-Hitchens, spécialiste de l'extrémisme à l'Université George Washington, il s'est rapproché d'Ahmad Musa Jibril, un prédicateur radical qui avait été incarcéré plusieurs années à Terre Haute.

La chaîne NBC a aussi révélé mercredi soir le contenu d'une lettre écrite par John Walker Lindh en février 2015, dans laquelle il affirmait que le groupe Etat islamique faisait un «travail incroyable».

Il doit s'installer en Virginie, près de Washington, selon son avocat, Bill Cummings. Sa libération anticipée, pour bonne conduite, sera accompagnée de mesures probatoires sévères.

Ses activités sur internet seront notamment surveillées en permanence; il ne pourra pas communiquer en ligne dans une autre langue que l'anglais sans permission, et ne pourra pas entrer en contact avec des extrémistes ou consulter «des contenus véhiculant extrémisme ou opinions terroristes».

Il ne pourra pas non plus voyager à l'étranger sans autorisation d'un juge, alors qu'il a obtenu en 2013 la nationalité irlandaise.

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