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L'explosion d'un colis piégé à Lyon fait 13 blessés

Agence France-Presse 

L'explosion d'un colis piégé dans une rue très fréquentée de Lyon (centre-est de la France) vendredi en fin d'après-midi, qualifiée d'«attaque» par le président français, a fait plus d'une douzaine de blessés légers, à deux jours des élections européennes.

«Le suspect est toujours recherché pour le moment», a annoncé dans la soirée la garde des Sceaux Nicole Belloubet, jugeant qu'il était «trop tôt» pour évoquer «un acte terroriste».

La section antiterroriste du parquet de Paris a «ouvert une enquête pour association de malfaiteurs terroriste, mais il faut attendre les résultats de cette enquête qui est actuellement en cours (...) Au vu des résultats, on pourra effectivement qualifier cette enquête», a déclaré la ministre à BFMTV.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et le procureur de Paris, Rémy Heitz, se sont brièvement rendus sur les lieux dans la soirée sans faire de déclaration devant la presse.

 

La police a lancé un appel à témoins en diffusant la photographie du suspect, capté par une caméra de vidéosurveillance municipale. Elle montre un homme «porteur d'un haut sombre à manches longues» et «d'un bermuda clair», poussant un vélo noir.

Selon une source proche du dossier, il est âgé d'une trentaine d'années. Aucune piste n'est pour l'heure privilégiée quant à son profil et ses motivations.

Un sac ou colis qui contenait des vis, clous ou boulons a été déposé devant une boulangerie de la rue Victor Hugo, artère piétonne et commerçante proche de la place Bellecour au coeur de la ville. L'explosion s'est produite vers 17 h 30.

D'après un dernier bilan, 13 personnes ont été touchées par l'explosion, dont 11 hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, dont une petite fille de huit ans, d'après le maire du 2e arrondissement de la ville, Denis Broliquier.

Après l'explosion, la rue a été rapidement évacuée et bouclée par les forces de l'ordre.

 

Le ministère de l'Intérieur a parallèlement décidé de renforcer la sécurité des sites accueillant du public et des événements sportifs, culturels et religieux.

Le plan de sécurité publique Vigipirate avait été ramené au niveau «Sécurité renforcée - Risque attentat» sur tout le territoire, signe d'une menace terroriste persistante après la fusillade de Strasbourg qui avait fait quatre morts, une victime en état de mort cérébrale et 11 blessés en décembre dernier.

«Ça a explosé et j'ai cru que c'était un accident de voiture (...) Il y avait des bouts de fils électriques autour de moi, des piles et des bouts de carton et de plastique. Les vitres étaient explosées», a témoigné Eva, une lycéenne de 17 ans encore sous le coup de l'émotion, qui se trouvait à 15 mètres du lieu de l'explosion.

 

Cette explosion s'est produite alors que la France métropolitaine s'apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs États membres depuis jeudi, dont le Royaume-Uni.

Lors d'une interview avec un Youtubeur à propos de ces élections, le président Emmanuel Macron a déclaré qu'il y avait «eu une attaque à Lyon». «Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles», a-t-il notamment ajouté.

Dans un tweet envoyé plus tard dans la soirée, le chef de l'État n'a plus évoqué d'«attaque», se contentant de déplorer «la violence qui s'est abattue» sur les Lyonnais.

De son côté, le premier ministre Édouard Philippe a annulé sa participation au dernier meeting de campagne de la majorité prévu à Paris.

«Toute la lumière devra être faite sur les circonstances de cet attentat terroriste», a déclaré Marine Le Pen, la cheffe du Rassemblement National.

La France reste traumatisée depuis une vague d'attentats jihadistes qui a fait 251 morts depuis 2015.