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Il veut remuer le milieu des rince-bouche

Paul Therrien | Journal de Montréal 

Courtoisie

Un homme d’affaires et scientifique montréalais qui se targue d’avoir inventé un rince-bouche 100 % naturel et québécois veut créer un débat sur la nocivité des produits commerciaux du genre sur l’environnement et la santé.

Drasko Pekovic avance que son produit de santé buccale OralNet aurait l’avantage de ne pas nuire à la faune et la flore aquatiques, contrairement aux rince-bouche largement vendus dans les pharmacies.

Le produit naturel conçu par son entreprise, BioMedco Services inc., contient deux ingrédients actifs, soit de l’eau de mer de l’Arctique et de l’argent ionique.

Les rince-bouche à usage courant contiennent quant à eux des produits comme du thymol, de l’alcool, de la chlorhexidine et du triclosan.

«Plus efficace»

«Le nôtre est le plus efficace. Les autres rince-bouche ont pour la plupart un haut degré de toxicité, certains possédant jusqu’à 14 ingrédients qui nuisent à l’environnement, soutient-il. L’eau de mer de l’Arctique est connue pour sa pureté ainsi que pour ses qualités antibiotiques.»

En ce qui concerne l’argent ionique, «il attaque surtout les microbes qui causent des problèmes buccaux», déclare-t-il.

Le microbiologiste compte profiter des Journées dentaires internationales du Québec ayant lieu dans les prochains jours à Montréal pour susciter un débat sur les effets que peuvent avoir sur la faune et la flore, ainsi que sur la santé humaine, les 24 millions de litres de rince-bouche que l’on cracherait, selon lui, dans les éviers chaque année au Québec.

«C’est désastreux de contaminer l’environnement ainsi. C’est une pollution épouvantable», déplore-t-il.

D’après Sébastien Faucher, professeur au département des sciences des ressources naturelles à l’Université McGill, les rince-bouche ne sont qu’une goutte d’eau dans la pollution de nos cours d’eau.

Trop dilué pour être nocif

«Le triclosan, contenu dans certains rince-bouche, peut avoir un effet toxique sur les formes de vies aquatiques, mais dans le cas des rince-bouche crachés dans les éviers, il finit par être trop dilué, une fois rendu dans la nature, pour y faire des dommages.»

Pour Nadia Dubreuil, hygiéniste dentaire et membre du Groupe de recherche et d’éducation en hygiène dentaire, «il est important, avant de consommer un produit naturel pour sa santé, de vérifier ce qu’en dit Santé Canada».

Sur l’emballage, indique-t-elle, un numéro NPN suivi de 8 chiffres permet de constater si le produit a fait l’objet de vérifications auprès de Santé Canada afin de démontrer les allégations de performance, d’efficacité et de sécurité.

Ce numéro est absent sur l’emballage d’OralNet, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’être vendu dans certaines épiceries ou pharmacies indépendantes.