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Le tiers des projets informatiques en retard chez Revenu Québec

Nicolas Lachance | Journal de Québec

ARCHIVES/AGENCE QMI

La pénurie de main-d’œuvre et la transformation numérique du gouvernement aggravent le désordre informatique chez Revenu Québec, si bien que le tiers de ses projets en chantier sont en retard.

Notre Bureau d’enquête a été alerté par des sources selon lesquelles les projets informatiques chez Revenu Québec faisaient du surplace.

Selon Revenu Québec, l’échéancier de certains projets «a été ajusté en fonction des enjeux liés à la disponibilité et à l’expertise de ressources humaines».

Les experts en sécurité informatique se font particulièrement rares.

Elle soutient également que les défis entourant les nouvelles responsabilités qui leur ont été attribuées à titre «de partenaire à la stratégie numérique du gouvernement du Québec» ont eu comme effet d’entraîner plusieurs retards d’échéancier.

Au total, ce sont plus de 115 M$ de projets informatiques qui sont en construction au Revenu.

Par exemple, une somme de 11 M$ est réservée à la bonification de l’offre de service et à la migration du portail «Mon dossier».

Or, ces deux projets ont de 30 % à 50 % de retard sur leur échéancier.

La bonification de «Mon dossier» pour les citoyens, que l’on retrouve sur le site web de Revenu Québec, n’est réalisée qu’à 27 %, selon le Tableau de bord du gouvernement du Québec. Il devait pourtant avoir été complété en février.

Projet plus important

Un projet plus important pour l’organisation occupe les employés informatiques qui ont été forcés de mettre de côté l’avancement de «Mon dossier».

«L’échéancier du projet a été ajusté, afin de prendre en compte l’introduction d’un nouveau projet prioritaire et la capacité organisationnelle de réalisation des équipes», soutient le Tableau de bord.

Deux ans de plus

Pire encore, un projet qui permet un contrôle fiscal en enregistrant toutes les transactions effectuées par les commerçants devait être terminé à l’été 2017. Nommé le module d’enregistrement des ventes (MEV), le projet doit pourtant assurer la pérennité du système.

Or, il a été retardé en raison de la mauvaise qualité technique des équipements d’enregistrement des ventes, plaide Revenu Québec.

Les exemples du genre se multiplient. Sur les 29 chantiers, 11 projets possèdent un retard sévère sur l’échéancier.

Aucun projet n’a toutefois dépassé les coûts prévus au budget pour l’instant, souligne Geneviève Laurier, porte-parole de Revenu Québec.

«Revenu Québec s’assure toujours de gérer ses priorités et sa capacité de réalisation, sans impact sur la qualité des services à offrir et à mettre en œuvre», a-t-elle dit.

Revenu Québec

29 projets informatiques en cours

Budget de 115 M$

11 projets en retard

4 principaux projets en retard

La migration du portail Mon Dossier : 7 M$

Bonification de l’offre du portail Mon Dossier : 4 M$

Solution organisationnelle de gestion : 13,4 M$

Service de remboursement de taxes : 12 M$

Des centaines de postes vacants

Incapable de pourvoir la moitié des postes libres en informatique, l’opération de recrutement en technologie de l’information (TI) du gouvernement du Québec a fait chou blanc.

C’est ce qu’a révélé l’étude Projet de loi n° 14 favorisant la transformation numérique de l’administration publique.

Questionné par le deuxième groupe d’opposition, le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, a indiqué que les lacunes sur le plan des ressources humaines étaient loin d’être réglées.

«Nous avons encore quelques centaines de postes vacants au niveau de l’informatique», a mentionné Christian Daigle.

Attirer les talents

Lorsqu’il était président du Conseil du trésor du gouvernement Couillard, Martin Coiteux avait promis de trouver une solution pour attirer les talents en informatique et de garder l’expertise au sein de l’appareil gouvernemental.

À l’époque, le Conseil du trésor avait promis 900 postes. Aujourd’hui, la moitié des places seulement ont été pourvues.

«Pour nous, toutes les personnes qui sont entrées n’ont pas réussi à combler le manque à gagner en informatique», a affirmé M. Daigle.

Question salariale

Le problème est toujours le même : les salaires ne sont pas concurrentiels avec ceux du privé. Les taux de rétention des employés sont également très faibles.

«Si on arrive avec de beaux projets et de bons projets, ainsi qu’avec une rémunération adéquate pour l’ensemble des services publics, nous croyons que nous serions en mesure d’aller chercher ces gens-là qui sont présentement au privé», a-t-il dit.

Le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, a promis à son tour de régler le problème.