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Ottawa pas pressé de resserrer la sécurité

Félix Séguin | Bureau d'enquête

archives, Journal de Montréal

Ottawa n’a pas l’intention de se pencher sur la question des narcotrafiquants en cavale au Québec avant la prochaine élection fédérale, en octobre prochain.

Selon nos informations, le ministère de la Sécurité publique du Canada a été interpellé à ce sujet par plusieurs des sous-ministres provinciaux de la Sécurité publique, qui sont tous présentement réunis à L’Île-du-Prince-Édouard.

Les inquiétudes portent sur les révélations de notre Bureau d’enquête dans le grand reportage Narcos PQ, diffusé depuis jeudi sur Club illico. On y apprend que plus de 400 individus liés aux cartels de la drogue mexicains avaient pu entrer au Canada en toute impunité. 200 d’entre eux se trouveraient au Québec et les autorités ont perdu leur trace.

Décision d’Ottawa

L’arrivée de ces criminels au pays est facilitée par la décision du gouvernement Trudeau, prise en 2016, de lever l’exigence de visa pour les voyageurs mexicains.

Jeudi, Ottawa a accepté que le dossier soit abordé à la prochaine conférence interministérielle de la Sécurité publique. Cet événement, qui se produit habituellement une fois par année est prévu... après les prochaines élections fédérales.

« C’est sûr que nous aurions aimé ça que la rencontre se tienne avant... » raconte une source au fait des discussions.

Cette semaine, le gouvernement Legault n’a pas masqué ses préoccupations. Quelques heures après les révélations du Bureau d’enquête, la ministre québécoise de la Sécurité publique avait évoqué que l’arrivée des représentants des cartels de la drogue au pays posait « des risques évidents et inutiles pour nos citoyens du Québec et du Canada ».

L’ambassadeur s’active

Notre Bureau d’enquête a également appris que l’ambassade du Mexique au Canada commence ses efforts diplomatiques pour dissuader le gouvernement de raffermir ses politiques à la frontière.

L’ambassadeur mexicain aurait déjà convoqué des politiciens fédéraux la semaine prochaine dans la capitale fédérale afin de discuter des répercussions possibles d’une telle mesure.

En 2009, le gouvernement conservateur avait obligé les citoyens mexicains désirant venir au Canada à posséder un visa.

En 2016, lors d’une rencontre avec son homologue Pena Nieto, Justin Trudeau avait annulé cette obligation qui créait, selon lui, un « irritant majeur » entre les deux pays.

Mercredi, Scott Bardsley, un porte-parole du cabinet du ministre fédéral de la sécurité publique, a défendu l’assouplissement des mesures de sécurité du gouvernement Trudeau, en assurant que cela « crée des avantages économiques durables pour les deux pays ».

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