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Sa mère oubliée après une chute, elle dénonce des «soins inadéquats»

TVA Nouvelles

Une femme de 72 ans qui a fait une chute dans sa chambre dans un dans un CHSLD de l'est de Montréal est demeurée une quarantaine de minutes au sol. Sa fille dénonce ce qu'elle qualifie de «soins inadéquats».

La mère de Julie Hébert a obtenu une chambre au Centre d'hébergement Pierre-Joseph-Triest en juillet dernier. Un séjour qui a bien mal démarré.

«En partant, la première journée qu'elle est arrivée là, ils l'ont oubliée dehors de 9h à 11h30 le soir», raconte-t-elle.

La patiente de 72 ans ne souffre pas de démence, mais a une mobilité réduite pouvant occasionner des chutes.

Constatant la lenteur à répondre aux besoins de sa mère, Mme Hébert a installé une caméra dans sa chambre.

Cette série de photos montre la dame qui a dû patienter 40 minutes dans cette position avant qu'on vienne la secourir.

«Ça fait mal au cœur quand c'est ta maman, mais il n'y a pas juste ma maman. C'est plein! C'est plein! Puis si moi, je suis capable de parler pour faire changer les choses [...] mais tous les autres, ont fait quoi?» s’interroge-t-elle.

Le syndicat des employés du CIUSSS de l'Est de l'île de Montréal refuse de commenter les vidéos de Mme Hébert.

Le syndicat et la direction du centre ont déjà eu cinq réunions afin d'améliorer les services et une sixième est prévue lundi prochain.

Le problème, c'est qu'il faut adapter les soins devant une clientèle de plus en plus lourde et que le personnel est difficile à trouver.

«Oui, embaucher des personnes, c'est facile à dire, mais actuellement, avec la pénurie de main-d’œuvre, il y a des secteurs qui sont peu attractifs. Avec peu de reconnaissance, soit au niveau salarial, mais au niveau professionnel aussi. Ce n'est pas intéressant pour les gens de travailler en ce moment dans un CHSLD», explique Éric Clermont, syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

De son côté, le CIUSSS assure qu’il cherche par tous les moyens des solutions pour mieux organiser le travail.

«On est tous les jours en train d'ajuster et d'améliorer l'offre de services. Nos équipes travaillent constamment là-dessus. Donc, moi, j'ai très confiance dans nos équipes pour bien répondre à ces ajustements-là», affirme Nathalie Zan du CIUSSS de l’ l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Mme Hébert, qui a déjà été préposée aux bénéficiaires, souhaite que son cri du coeur fasse bouger les choses.