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Jackie Kennedy, bien plus qu'une première dame

Marie-Josée Roy | Agence QMI

Vingt-cinq ans après sa mort, l’épouse de John F. Kennedy demeure l’un des personnages les plus fascinants du XXe siècle. Sa façon d’entretenir le mystère, conjuguée à un sens inné de l’élégance, a changé à jamais l’image de l’Amérique. Retour sur la vie d’une femme que personne n’a oubliée.

Il était 22 h 15 le 19 mai 1994 quand Jackie Kennedy-Onassis a rendu son dernier souffle, à l’âge de 64 ans. Atteinte d’un lymphome non hodgkinien diagnostiqué quatre mois plus tôt, elle n’est pas parvenue à vaincre la maladie. Enterrée auprès de son premier époux, John F. Kennedy, et de ses deux enfants Patrick et Arabella, la défunte a été saluée par ses proches lors de funérailles émouvantes.

«Dieu lui a donné de grands dons, mais il lui a imposé beaucoup de souffrances. Elle les a toutes supportées avec dignité», a déclaré avec justesse le président américain Bill Clinton, lors de son éloge funèbre.

L’Amérique a perdu une première dame, mais elle a gagné un mythe.

Jeune fille sage

Née dans les Hamptons le 28 juillet 1929, Jacqueline Bouvier grandit au sein d’une famille privilégiée. Diplômée de la très huppée Miss Porter’s School, où elle apprend les bonnes manières, elle s’exile un an en Europe pour y poursuivre sa formation universitaire.

Rentrée au pays, elle décroche un emploi de chroniqueuse pour le «Washington Times-Herald». Intelligente, ambitieuse et raffinée, elle ne tarde pas à accrocher le regard d’un certain John Fitzgerald Kennedy. Séduit par cette jeune femme de douze ans sa cadette, l’aspirant politicien entreprend de lui faire une cour assidue. Le 25 juin 1953, les tourtereaux annoncent leurs fiançailles.

Du rêve... à la réalité

Sur papier glacé, les époux forment un couple idyllique, mais il en va tout autrement dans l’intimité.

Une fois passée l’euphorie des débuts, le futur président recommence à courir les jupons. Jackie, humiliée, ravale sa déception: l’image revêt une importance capitale en politique.

La fille aînée du couple, Caroline, s’apprête à fêter ses trois ans quand son père est élu président. Dès lors, Jackie endosse à la perfection le rôle de première dame. Alors que son fils, John John, est encore aux couches, elle entreprend de redonner à la Maison-Blanche son lustre d’antan. Le monde découvre avec ravissement cette femme moderne au goût impeccable.

«Je suis l’homme qui accompagne Jackie Kennedy à Paris», blague le président devant le succès que connaît son épouse en Europe.

Hélas, la chance ne sourit jamais très longtemps à Jackie. Le 22 novembre 1963, son mari tombe sous les balles à Dallas. À 34 ans, elle est désormais veuve.

Un mariage raté

L’ex-première dame se fait discrète dans les années qui suivent la mort de son mari. Elle sort de l’ombre en 1968 pour épouser l’armateur grec Aristote Onassis, une manœuvre audacieuse qui choque l’Amérique bien-pensante. Les époux se voient peu, et leur bonne entente ne dure pas. Onassis est sur le point de demander le divorce quand il meurt, le 15 mars 1975.

Jackie, à nouveau veuve, entame une carrière d’éditrice à New York. Elle fréquente le diamantaire Maurice Tempelsman jusqu’à son décès, mais se garde bien de convoler: la vie lui a prouvé que le mariage n’était pas un gage de bonheur.

Encadré : Elle a dit...

«Il faut avoir été républicain pour savoir à quel point c’est bon d’être démocrate.»

«L’histoire: c’est ce que ces vieux hommes amers écrivent.»

«La seule routine que j’ai est de ne pas avoir de routine.»

«Chaque personne peut changer les choses, et tout le monde devrait essayer.»

«Le sexe est une mauvaise chose, parce que ça chiffonne les vêtements.»