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«J'avais envie d'écrire sur les relations père-fils» - Marc Levy

Anne Bourgoin | Agence QMI

Courtoisie Christian Geisselmann

Pour son 20e roman, «Ghost in Love... un roman», Marc Levy nous entraîne dans une relation père-fils insolite, puisqu’il s’agit d’une histoire de fantôme. Et une vraie, cette fois-ci.

Marc, comment est née cette histoire de père qui vient hanter son fils cinq ans après sa mort pour lui demander un service?

Il y a des romans qui naissent à partir d’idées précises qu’on porte en soi depuis longtemps. Et il y en a d’autres qui peuvent paraître plus simples, mais qui sont plus denses en contenu. Quand «Et si c’était vrai...» est sorti, le personnage n’était absolument pas un fantôme, mais les gens m’en parlaient comme tel. À tel point que je me suis dit qu’il faudrait que j’écrive une histoire de fantôme. Et j’avais envie depuis longtemps d’écrire sur les relations père-fils et sur la filiation. Je ne vous cache pas que, comme beaucoup, j’éprouve cette sensation que, même après la mort d’un proche, il y a une présence autour de nous. Une photo très avenante de mon père se trouve à l’entrée de mon bureau; on dirait presque qu’il va parler. J’ai pris l’habitude de lui dire bonjour et bonsoir. Un soir, je me suis dit: «Quelle tête ferais-tu s’il te répondait bonne nuit!» C’est une histoire qui touche à ce que nous avons de plus intime: la relation qu’on entretient avec nos parents, nos enfants, et la partie cachée en nous qui fait qu’on avance ou pas en amour.

La relation des enfants avec leur père semble toujours plus pudique que leur relation avec leur mère...

Oui, je vois bien qu’il y a une tendresse naturelle spontanée entre un enfant et sa maman. Avec un papa, il faut casser la glace. J’ai fait la guerre à mon fils Georges quand il avait cinq ou six ans pour avoir un câlin. C’est une pudeur naturelle.

Vous avez trois enfants. Vos livres sont-ils une façon de leur parler?

Je suis très conscient que lorsque Georges et Cléa (9 ans et 3 ans) auront 16 ou 20 ans, ils liront avec rigueur le dernier roman que je viens d’écrire. Mais c’est vrai qu’il m’arrive parfois d’imaginer que je ne serai peut-être plus là quand Cléa sera dans la jeune quarantaine. Finalement, je lui aurai quand même raconté beaucoup de choses dans mes livres. Elle pourra y trouver beaucoup de trucs. Ça donne en quelque sorte un sens à mon travail. L’écriture est un formidable remède à la pudeur; elle permet de coucher sur papier ce qu’on est incapable de dire à haute voix. Le bonheur, c’est presque d’imaginer mes enfants trouvant un de mes vieux livres dans une malle dans le grenier.

Vous avez écrit 20 livres et, encore une fois, on vous trouve là où on ne vous attendait pas...

J’ai toujours fait en sorte que mes romans ne soient jamais pareils. C’est un risque que je prends volontairement. Je me suis fait une promesse. Ça apporte un vrai piquant à mon travail. C’est presque une forme de respect auprès des lecteurs, une façon de leur dire: «Je vais travailler et prendre des risques. Je vais peut-être chuter, mais j’aurai essayé de toutes mes forces de vous raconter une nouvelle histoire, chaque fois.»

«Ghost in Love... un roman», est déjà en librairie.