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Près de 7 millions $ en gugusses au fédéral

Agence QMI

Courtoisie

Les ministères et organismes fédéraux ont dépensé près de 7 millions $ sur deux ans en articles promotionnels parfois inusités ou coûteux, comme des canards de caoutchouc ou des stylos à 78 $.

De janvier 2017 à février 2019, les départements ont acheté des dizaines de milliers de petits objets à leur effigie, souvent fabriqués en Chine, comme des épinglettes ou des blocs-notes.

Ottawa a parfois mis le paquet en se procurant des objets étonnants ou dispendieux, indique un document déposé récemment au Parlement.

Le directeur général de la Fédération canadienne des contribuables, Aaron Wudrick, s’explique mal pourquoi les institutions gouvernementales sentent le besoin de faire de l’autopromotion.

Rien à vendre

« Les entreprises font de la publicité parce qu’elles ont des compétiteurs, mais si tu es une société d’[État fédérale] et que tu ne fais face à aucune concurrence, tu n’as pas besoin de le faire du tout », a-t-il soutenu.

Au total, Ottawa a dépensé 6,7 M$ pour ces objets selon une compilation du site de nouvelles iPolitics. Les articles sont entre autres distribués dans des foires à l’emploi ou commerciales. Ils peuvent aussi servir à récompenser des employés.

Un des organismes ayant le plus dépensé en la matière, la Banque de développement du Canada (BDC), soutient que l’autopromotion l’aide à remplir sa mission.

« Nous distribuons régulièrement des objets lors d’événements afin de mieux faire connaître la BDC, développer des relations et accroître notre visibilité auprès des entrepreneurs canadiens », soutient un porte-parole de l’organisme ayant déboursé plus de 637 000 $ en articles promotionnels.

Forts sur le stylo

Financement agricole Canada a entre autres payé environ 12 500 $ pour des stylos fabriqués en Chine qui avaient un étonnant prix unitaire de 78,47 $.

5000 canards jaunes

Le Centre de la sécurité des télécommunications a déboursé 16 500 $ pour plus de 5000 canards de caoutchouc distribués dans des salons de carrières. Contactée vendredi, l’agence gouvernementale souligne que l’objet est un clin d’œil à une méthode bien connue des informaticiens. La technique consiste à parler à voix haute à un objet inanimé (comme un canard jaune) pour arriver à résoudre un problème.

Les chaussettes de l’archiduchesse

Plusieurs ministères et agences ont distribué des chaussettes à leur effigie dans divers événements. Patrimoine canadien n’a pas fourni le prix de ces 500 chaussettes, disant devoir protéger cette information. Parcs Canada a déboursé 9,95 $ la paire, et la Banque de développement du Canada, 10,50 $ et 13,50 $.

Pour résoudre les problèmes

La Banque du Canada a distribué 2000 cubes Rubik lors d’activités de recrutement, qu’elle a payés 3,59 $ chacun.

De l’huile d’olive pour vendre sa salade

La Banque de développement du Canada a dépensé 2574 $ pour 39 bouteilles d’huile d’olive et de vinaigre balsamique importées d’Italie offertes en cadeau à des clients.