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Un thérapeute agresseur est recherché par la police

Amélie St-Yves - Le Journal de Montréal

PHOTO D’ARCHIVES, SPVM

Un thérapeute qui a agressé sexuellement quatre patientes fait l’objet d’un mandat d’arrestation après avoir omis de se présenter à son procès criminel en présentant un nébuleux billet d’un médecin du Moyen-Orient.

Le procès de Maher Mohamed Elsayed, un physiothérapeute de 34 ans accusé d’agression sexuelle sur plusieurs femmes, s’est amorcé comme prévu en février dernier, même en l’absence de l’accusé.

Le billet du médecin transmis au tribunal n’a pas convaincu le juge Salvatore Mascia de le repousser une troisième fois.

Le document d’une seule feuille de deux paragraphes, non signé et daté du 26 janvier 2019, provenait d’un chirurgien orthopédique de la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis.

« Levait un objet lourd au gym il y a trois mois, et a ressenti une vive [douleur] au coude gauche, il a arrêté le gym et a commencé des [anti-inflammatoires] en plus de physiothérapie, sans amélioration », indique la note qui diagnostique une infection de l’os et recommande une opération avec une période de convalescence de trois à six mois.

Introuvable

« Si l’accusé devait simplement attendre une date d’opération, il aurait certainement pu attendre à Montréal, aussi bien qu’il aurait pu attendre à Dubaï », a indiqué le juge dans sa décision de tenir le procès quand même, en rappelant que de nouveaux délais viendraient briser le plafond de 30 mois fixé par l’arrêt Jordan.

L’accusé avait avisé son avocat, Giuseppe Battista, qu’il travaillait à l’extérieur du pays et qu’il ne voyagerait pas en attendant sa chirurgie. Ce dernier s’est retiré du dossier avant le début de ce procès. Il ne nous a pas rappelés.

Malgré ses manigances, Elsayed, qui est introuvable depuis deux ans, était absent quand il a été déclaré coupable d’agression sexuelle sur les quatre femmes, au début du mois à Montréal. Il a abusé des plaignantes pendant ce qui devait être des séances de traitements et de massages thérapeutiques. Il commençait par un massage normal, puis se rapprochait du haut des cuisses, jusqu’à ce qu’il y ait des touchers au niveau des parties intimes.

« Cela ne peut pas être une question d’“accident”, ou de “main qui glisse” quand la preuve démontre qu’il a inséré son doigt à répétition à l’intérieur et autour [des parties génitales] des plaignantes », a tranché le juge Mascia.

Trois des femmes ont été agressées lors d’un événement spécial sur le massage et le yoga, qui se tenait dans une église de Montréal. La quatrième, qui était sa patronne, a été agressée directement au spa où il travaillait.

Ce que le juge dit

« Si cela peut être plus simple pour l’accusé d’attendre sa chirurgie à Dubaï avant de subir son procès, ça ne peut pas l’excuser de sa première responsabilité de se présenter en cour. »

« À partir de sa conduite, je suis également convaincu qu’il y a très peu de chances qu’il revienne au pays et se rende volontairement aux autorités pour que la justice suive son cours. »

« Ne sachant pas comment réagir, elles [les victimes] sont restées allongées sur la table, apeurées et dans l’incompréhension jusqu’à ce que la session soit finie. »

« À la fin, ce qui devait être une expérience plaisante et relaxante est devenu [une expérience] dégradante et humiliante. »

- Le juge Salvatore Mascia