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«Une ferme plus grande que nature»: construire son rêve

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Dans le documentaire «Une ferme plus grande que nature», John Chester et sa femme Molly racontent, avec candeur et naïveté, les huit années nécessaires à l’établissement de leur ferme en Californie.

Le couple – lui est réalisateur de documentaires et d’émissions de télé, elle est chef culinaire – habite à Santa Monica. Après qu’ils aient adopté un chien, les voisins se plaignent des aboiements. Mais, plutôt que de déménager dans un autre appartement, ils décident de se lancer dans le vide et achètent une ferme avec la volonté d’en faire un lieu unique, bio et autosuffisant.

Le défi est de taille et de nature à décourager les plus courageux – ou inconscients – des rêveurs. Mais pas John et Molly. Ils embauchent Alan York, un pionnier et expert de l’agriculture biodynamique. Sa première visite de la ferme ne laisse aucun doute au couple sur la réalité dantesque de leur projet. La terre est morte, usée de trop de monoculture. Il faut donc que John et Molly reconstruisent l’écosystème du lieu.

Réfection du système d’irrigation, achats d’animaux destinés à alimenter l’écosystème – dont la truie Emma, qui devient une vedette au point que les Chester lui ont consacré un livre pour enfants! –, construction d’un incubateur à vers de terre, développement d’un poulailler, arrachage de certains arbres et plantation de d’autres, infestations d’insectes, de coyotes, etc. Tout est chroniqué et narré par John avec une sincérité qui force l’admiration. Les découragements et coups du sort sont montrés, de même que l’évidente fierté d’accomplir quelque chose d’unique.

Les paysages de la ferme Apricot Lane Farms sont d’une beauté indicible, le verger suscitant notamment l’admiration du spectateur. Mais ce qui séduit dans ce documentaire, parfois un peu trop sirupeux, est la foi indestructible et contagieuse que possèdent John et Molly. En 91 minutes, ils parviennent à transmettre efficacement leurs émotions et leurs valeurs. Au-delà du message d’amour à l'égard de la planète, «Une ferme plus grande que nature» ramène à l’essentiel: le respect de toute forme de vie.

Note: 3,5 sur 5