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Une marche pour se rappeler Sébastien Métivier et d’autres enfants disparus

Étienne Paré | Agence QMI

À l'occasion de journée internationale des enfants disparus samedi, quelques dizaines de personnes ont marché dans les rues d'Hochelaga-Maisonneuve pour commémorer la disparition de Sébastien Métivier, qui manque à l'appel depuis bientôt 35 ans.

«Mon fils n'est pas disparu pour rien. Sa disparition a permis de faire réaliser que les parents d'enfants disparus n'avaient pas accès aux services d'aide. C'est pour lui dire merci qu'on marche aujourd'hui», a affirmé Christiane Sirois à l’occasion de cette marche, disant se répéter ces mots pour atténuer sa douleur.

En plus de vouloir sensibiliser les parents à la vigilance, la mère de Sébastien Métivier milite activement pour que les parents dans sa situation soient admissibles au programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).

«Ça m'a pris 15 ans avant de pouvoir recommencer à travailler. J'ai dû payer de ma poche toutes les thérapies que j'ai faites», a dénoncé Mme Sirois, qui aimerait pouvoir rencontrer la ministre de la Sécurité publique.

Un événement marquant

Mme Sirois est sans nouvelles de son fils depuis le 1er novembre 1984. Sébastien Métivier, 8 ans, et Wilton Lubin, 12 ans, étaient en train de jouer ensemble au parc Morgan, dans Hochelaga, quand ils ont été vus pour la dernière fois. Le même jour disparaissait Maurice Viens, 4 ans.

Les corps de Maurice Viens et de Wilton Lubin ont été retrouvés dans les jours et les semaines suivants.

«Le jour de sa disparition, Sébastien n'allait pas bien. Comme s'il savait ce qui allait se passer. Je me suis sentie coupable toute ma vie de n'avoir rien pu faire», se souvient péniblement la soeur cadette de Sébastien, Mélanie Métivier, qui tenait à venir marcher malgré ses problèmes de santé.

Toujours espoir

La famille de la jeune Mélina Martin, une adolescente de Farnham disparue en 2005, s'est aussi jointe à la marche.

«On se dit que d'être là aujourd'hui, ça permet de diffuser sa photo de nouveau. On ne perdra jamais espoir de la retrouver vivante», a laissé tomber la maman de Mélina, Françoise Algier, qui espère aussi que l'IVAC reconnaisse sa condition.

Dans un autre quartier de Montréal, samedi, toujours à l’occasion de la journée des enfants disparus, Caroline Lachance et Éric Fortin, les parents de David Fortin, ont posé un geste symbolique, en plantant deux arbres devant les bureaux du Réseau Enfants-Retour.

«Nous avons planté un arbre pour commémorer le 10e anniversaire de la disparition de David. Un autre arbre a été planté pour représenter tous les enfants qui manquent aussi à l'appel», a mentionné Mme Lachance devant la caméra de TVA Nouvelles.

En février 2009, David Fortin a quitté la maison familiale pour se rendre à son école secondaire. Il n'est jamais monté à bord de son autobus scolaire.

D’autres disparitions d’enfants ont défrayé la manchette au fil des ans, notamment celles d’Ariel Jeffrey Kouakou et de Julie Surprenant, qui n’ont pas encore été résolues non plus. Au Québec, plus d'une trentaine de dossiers d'enfants disparus sont toujours ouverts.

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