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Difficile de déménager pour protéger leurs enfants après les inondations

Amélie St-Yves - Le Journal de Montréal

AMÉLIE ST-YVES - JDEM

Des parents traumatisés par les chambres de leurs enfants remplies d’eau après l’inondation majeure de Sainte-Marthe-sur-le-Lac veulent absolument partir, mais ne voient pas comment ce sera possible.

Les quatre familles rencontrées par Le Journal de Montréal hier trouvent indécent de devoir sacrifier leur santé financière pour choisir la sécurité de leurs enfants.

Ils veulent déménager, mais ne se qualifient pas pour le programme de relocalisation du gouvernement, car les dégâts n’atteignent pas 100 000 $ ou la moitié de la valeur de leur maison. Ils ne voient pas comment ils pourraient les vendre, et se sentent prisonniers.

« J’ai pleuré quand j’ai vu la chambre de mon fils de 8 ans [...] son lit flottait et touchait au plafond », raconte Caroline Calvé, qui fait encore beaucoup de cauchemars où elle tente de sauver ses deux enfants.

Leur paix d’esprit est complètement détruite depuis que la digue a cédé le 27 avril en début de soirée et que les chambres de leurs enfants au sous-sol se sont remplies d’eau à la vitesse de l’éclair. Ce soir-là, 6000 personnes ont été évacuées en urgence.

Le cauchemar du pire

Depuis, des parents vivent hantés par l’idée que la digue aurait pu céder en pleine nuit quand tout le monde dormait. Ils ont peur que cela se reproduise.

Alain Jutras a la voix nouée quand il dit que sa fille de 13 ans, Alyssa, craint que la digue cède de nouveau.

« J’ai une responsabilité comme papa, de garantir la sécurité de mes enfants. Et là, je ne peux pas leur promettre que ça n’arrivera plus », affirme-t-il.

Ces parents ne désirent pas empêcher les résidents qui veulent rester en toute connaissance de cause de le faire. Mais ils souhaiteraient que les élus comprennent leur traumatisme et leur offrent une réelle possibilité de partir.

Repenser le programme

Ils leur demandent d’ajuster le programme de relocalisation à la réalité de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Selon eux, le montant de l’indemnisation devrait tenir compte de la valeur des maisons, qui dépasse souvent les 300 000 $ dans ce secteur.

« On se sent prisonniers, on ne sent plus qu’on a le choix par rapport à notre maison », mentionne Isabelle Théroux.

Ils voudraient bien vendre, mais se demandent qui oserait acheter une maison à cet endroit après la catastrophe du mois d’avril. Vendre pourrait être encore plus difficile si le secteur devient une zone inondable ou si plusieurs maisons sont à vendre en même temps.

Ils ont déposé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, qui a recueilli près de 600 signatures jusqu’à présent.

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