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La parité exigée au sein de la réforme du mode de scrutin

Étienne Paré | Agence QMI

GEN-VOTE-MUNICIPAL-MONTREAL

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Un regroupement de syndicalistes et d'ex-politiciens presse le gouvernement Legault d'inscrire la parité hommes-femmes dans sa future réforme du mode de scrutin.

«Ça devrait aller de soi que les élus reflètent la population qu'ils représentent», a plaidé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, en conférence de presse à Montréal, dimanche.

Selon elle, la réforme du mode de scrutin, qui devrait faire l'objet d'un projet de loi à l'automne, est une occasion historique de faire avancer l'égalité des sexes.

Avancées fragiles

Contrairement à plusieurs démocraties dans le monde, aucune loi n'oblige les partis politiques au Québec à présenter à peu près le même nombre de candidats que de candidates aux élections.

Ça n'a pas empêché la représentation féminine à l'Assemblée de franchir pour la première fois la barre symbolique des 40 % à l'issue des dernières élections.

«C'est une belle avancée, mais un recul est toujours possible. Avec la montée du populisme, nous savons que les avancées sont fragiles», s'est inquiétée Thérèse Mailloux, présidente du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), qui fait front commun avec le Mouvement Démocratie Nouvelle.

Plusieurs personnalités ont rejoint le collectif, dont le président de la CSN, Jacques Létourneau, le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, ainsi que les anciens ministres péquistes Jean-Pierre Charbonneau et Marie Malavoy.

Elles militent pour que les partis soient forcés de présenter un minimum de 45 % de candidates dans les sièges à pourvoir par circonscription.

Si la réforme se concrétise, 40% des députés seraient dorénavant choisis par listes. En d'autres mots, si un parti obtient 10 % du vote populaire, les 10 premiers noms sur la liste pourraient siéger au Parlement.

Pour que l'Assemblée nationale soit la plus paritaire possible, le Mouvement Démocratie Nouvelle milite pour que la loi oblige les partis à inscrire les hommes et les femmes en alternance sur leur liste.

Réserves du gouvernement

En mars dernier, des représentants du regroupement ont rencontré des membres du bureau de la ministre de la Justice, Sonial LeBel, qui est responsable du dossier.

«On a essayé de nous convaincre que la parité ne pourrait pas faire partie du projet de loi», a dénoncé l'ancienne porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, qui espère maintenant rencontrer directement le premier ministre.

Appelé à commenter, dimanche, le bureau de la ministre LeBel a indiqué que cette dernière a rencontré Mme Mailloux mardi dernier «pour identifier de telles mesures» et que «des discussions positives sont en cours avec le GFPD et nos partenaires sur les mesures les plus appropriées».

«L’entente de mai 2018 prévoit que la réforme électorale inclue des mesures en faveur de l’égalité des sexes. Cet engagement tient toujours», a ajouté Nicky Cayer, attachée de presse de la ministre LeBel.

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