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Les vélos électriques de plus en plus populaires

Camille Dauphinais-Pelletier | 24h

COURTOISIE VILLE DE MONTRÉAL/ARRONDISSEMENT DE LACHINE

Les vélos électriques gagnent en popularité dans plusieurs grandes villes, selon un expert américain, qui croit que ces véhicules offrent un coup de pouce juste assez important pour convaincre certains d’en faire un mode de transport quotidien.

On devrait en voir de plus en plus dans les rues de Montréal : l'entreprise américaine de vélos électriques en libre-service JUMP a signalé son intérêt à s"implanter dans la métropole dès cet été, et le projet pilote de BIXI électriques a remporté un franc succès l'an dernier.

La tendance pourrait aussi atteindre les consommateurs. Aux Pays-Bas, plus de la moitié des vélos neufs achetés au cours de la dernière année étaient électriques. Ces véhicules déjà populaires en Europe et en Chine devraient être aperçus de plus en plus souvent dans les rues des villes d’Amérique du Nord, et pas seulement au détriment des bicyclettes traditionnelles, affirme Christopher Cherry, ingénieur et professeur à l’Université du Tennessee à Knoxville.

«Un sondage réalisé aux États-Unis montre que 60% des déplacements en vélo électrique remplacent un déplacement qui aurait été fait en voiture. Encore plus que les vélos ordinaires, c’est un véhicule qui peut à la fois servir de façon récréative et utilitaire», mentionne celui qui sera en conférence à Montréal au Festival Go vélo la semaine prochaine.

Pour les paresseux?

Les bicyclettes électriques permettent de réduire les efforts de leurs conducteurs, tout particulièrement dans les côtes abruptes, mais il ne s’agit pas pour autant d’un mode de transport pour paresseux, affirme M. Cherry.

«La plupart des gens ne veulent pas nécessairement faire de l’activité physique d’intensité élevée chaque jour, mais de l’activité physique modérée, comme la marche, ça leur convient. C’est le degré que l’on observe lors de l’utilisation de vélos électriques, donc ce n’est pas une tricherie; ça n’enlève pas toute l’activité physique, comme prendre sa voiture ou être assis dans le divan», dit-il.

Et si on se sent prêt à avoir un défi supplémentaire au retour du travail, on peut simplement s’en servir comme d’un vélo ordinaire, souligne-t-il.

«Je parlais l’autre jour avec un homme qui participe à des courses de vélo, donc un très bon cycliste. Même lui me disait que s’il avait un vélo électrique, il s’en servirait plus pour ses déplacements quotidiens! C’est intéressant.»

Infrastructures

L’obstacle qui reste à surmonter est la mise en place d’infrastructures adéquates, souligne l’expert en mobilité. «Les vélos électriques sont des véhicules optimaux pour la plupart des déplacements que l’on fait dans les villes en Amérique du Nord, c’est-à-dire sur d’assez courtes distances et seul. Mais pour que ça fonctionne, comme Montréal et plusieurs autres villes le savent, il faut de bonnes infrastructures. Si on met des vélos électriques dans une ville faite à 100% pour les voitures, c’est sûr que ça ne fonctionnera pas.»

Christopher Cherry sera en conférence au Festival Go vélo Montréal, le jeudi 30 mai à 18h à la Maison du développement durable (50 rue Sainte-Catherine Est). L’entrée est gratuite.

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