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Les ventes de voitures électriques bondissent au Québec

Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

L'entrée en vigueur de nouveaux incitatifs financiers au fédéral le 1er mai dernier a fait bondir les ventes de voitures électriques au Québec d'au moins 50 %, estime l'Association des véhicules électriques du Québec.

Bien qu'aucune statistique officielle ne soit disponible pour le moment, le porte-parole de l'AVEQ, Martin Archambault, estime que les ventes de voitures électriques ont augmenté d'environ 50 à 60 % depuis le début du mois.

Depuis le premier mai, les Canadiens peuvent obtenir un rabais offert par Ottawa allant jusqu’à 5000 $, selon la valeur du véhicule qu'ils désirent acheter. Ce montant s'ajoute à la subvention pouvant atteindre jusqu'à 8000 $ offerte par Québec.

Le nouvel incitatif aurait eu un effet monstre dans les concessionnaires. «On n'a pas pu répondre à la demande», a confié Martin Archambault en entrevue avec l'Agence QMI. Selon lui, le nombre de ventes aurait carrément pu doubler, si les voitures avaient été disponibles en nombre suffisant.

Exception faite de certains modèles électriques comme la Chevrolet Volt - le plus populaire dans la province - les véhicules sont majoritairement en rupture de stock, avec des listes d'attente pouvant atteindre plusieurs mois. Il faut dire que les concessionnaires québécois, qui s'étaient retrouvés à écouler des voitures électriques qui ne trouvaient plus preneur en Ontario après l'abolition du programme de subvention provincial dans cette province l'été dernier, ont aussi fini de vendre ces voitures, a mentionné le porte-parole.

L'entrée de la subvention fédérale a aussi «coïncidé avec l'arrivée de nouveaux modèles qui étaient attendus, comme la Kona Électrique», a noté M. Archambault pour expliquer le bond des ventes.

Pas qu'au Québec

Les effets de l'incitatif fédéral ont aussi eu des répercussions en Colombie-Britannique, où le prix de l'essence a dépassé, par endroits, le cap des 1,70 $ le litre ce printemps.

En plus de la subvention fédérale, cette province a aussi lancé en mai un programme d'aide à l'achat de véhicule électrique. Ces rabais et le prix de l'essence ont eu pour effet de doubler les ventes de véhicules électriques en Colombie-Britannique au début du mois, comparativement à la fin de l'année 2018, a rapporté le «Vancouver Sun» en se basant sur des données du gouvernement.

Des économies

Une étude dévoilée en mai par l'Université de Calgary montre que, pour un automobiliste britanno-colombien, les subventions rendent rapidement très rentable l'achat d'un véhicule électrique.

Avec un prix de l'essence fixé à 1,70 $ le litre et du kWh à 0,14 $, parcourir 100 km en véhicule électrique coûte entre 2 et 4 $, selon le modèle. Or, on parle plutôt d'un montant dépassant 12 $ pour une Honda Civic et 18 $ pour une camionnette F-150, les véhicules les plus populaires de leur catégorie au pays.

Pour une personne parcourant 16 000 km par année, les économies représentent donc, en moyenne, 1600 $ par année. «Le prix élevé de l'essence fait en sorte que la période pour rattraper le coût plus élevé d'une voiture électrique est de 2 ans avec les rabais, ou de 8 ans sans», a écrit le chercheur Blake Shaffer.

Populaires au Québec

Selon les dernières données de l'AVEQ, près de 43 000 véhicules électriques ou hybrides circulaient sur les routes du Québec en date du 31 mars, soit près de la moitié des véhicules au Canada.

«Les Québécois ont un rapport plus viscéral à l'électricité que les autres provinces. On a plus l'impression de dépenser notre énergie», a hasardé Martin Archambault pour expliquer cette situation, en évoquant aussi le bas coût de l'électricité dans la province et le prix élevé de l'essence.

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