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Incident devant la mosquée : «l’acte isolé d’un malade», croit la victime

Taïeb Moalla - Le Journal de Montréal

FD-Grande Mosquée altercation

Guy Martel/Agence QMI

Le jeune homme, qui a été la principale victime de voies de fait devant la grande mosquée de Québec, pense que l’incident de samedi est davantage « l’acte isolé d’un malade qu’un crime haineux ou islamophobe ».

Samedi midi, un individu de 47 ans s’est présenté devant le lieu de culte, à Sainte-Foy, et a invectivé les fidèles. Il aurait ensuite asséné un coup à la tête d’un jeune chauffeur de taxi que Le Journal de Montréal a pu retrouver. Mohamed (prénom fictif), né à Québec et d’origine arabo-musulmane, a accepté de se confier sous le couvert de l’anonymat.

« Les commentaires [de l’individu] étaient contre les musulmans, parce qu’il y avait des musulmans devant lui. S’il avait croisé des Noirs ou des Chinois, il aurait fait probablement la même chose, pense Mohamed. D’après moi, c’est plus un acte anti-immigration qu’un acte islamophobe. »

Ce dernier s’est étonné de lire que le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a dû nier hier un quelconque lien entre cet acte et le projet de loi sur la laïcité. « Le langage du gars n’était pas très riche. C’était décousu avec tout plein de sacres, a-t-il signalé. Sincèrement, je ne pense pas qu’il savait ce qu’est le projet de loi 21. »

Échange musclé

Samedi midi, le jeune Mohamed passait devant la mosquée quand il a réalisé que quelque chose clochait. « Quelqu’un faisait peur aux femmes. Il faisait référence à la polygamie en disant qu’un des hommes présents était marié à trois femmes. Il m’a ensuite demandé mon passeport. Il me disait : “T’es pas Canadien, t’es pas Québécois” », a-t-il relaté.

L’individu aurait ensuite poussé le chauffeur de taxi. « Ce n’était pas vraiment un coup de poing. Il a essayé de me pousser. Je lui ai écarté les bras. Il m’a donné un coup sur la tête qui a touché ma casquette. Mettons que j’ai déjà mangé des coups plus durs », a minimisé Mohamed.

Par la suite, « il a essayé de s’enfuir. Il est parti dans le parking. Il avait l’air très perdu. J’ai embarqué dans mon taxi et je suis parti. Je n’ai pas attendu la police », a ajouté le chauffeur de taxi.

Incident à caractère haineux

À la police de Québec, la porte-parole Sandra Dion a soutenu que l’individu a été arrêté pour « des voies de fait », avant d’être libéré sous promesse de comparaître. Selon les premiers résultats de l’enquête, l’incident n’est pas traité comme « un crime haineux », mais plutôt comme « un incident à caractère haineux », car l’individu aurait visé la communauté musulmane dans ses propos.

La nuance est de taille, puisqu’un « crime haineux » est puni par le Code criminel. Dans le cas de « l’incident à caractère haineux », la motivation de s’en prendre à un groupe en particulier n’est pas établie, a expliqué Mme Dion.

 

 

 

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