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Un grand criminel québécois associé à la mort de JFK?

Brigitte Noël et Félix Séguin / Bureau d’enquête

FD-NARCOS-RIVARD-EMBARGO

Raymond Bouchard / Le Journal de Montreal

Un mystérieux courtier d’héroïne connu pour une spectaculaire évasion de prison en 1965 est mort avec tous ses secrets et dans l’oubli, se désole le producteur Michel Trudeau, qui croit que le criminel serait lié à l’assassinat de John F. Kennedy.

Né à Montréal dans une famille ouvrière de Villeray au début de la Première Guerre mondiale, Lucien Rivard est devenu l’un des plus grands narcotrafiquants en Amérique du Nord entre 1950 et 1960.

Mais le producteur de séries télévisées Michel Trudeau, expert de l’histoire de Rivard, assure que le criminel travaillait de près avec les assassins de l’ancien président américain John F. Kennedy.

 

«Plusieurs sources, très proches, assurent que c’est Lucien qui a fourni les billets d’avion et les passeports aux trois tireurs qui étaient là», raconte Michel Trudeau dans le dernier balado «Narcos PQ» sur QUB.radio.

Michel Trudeau n’a jamais connu Lucien Rivard personnellement, mais en est fasciné. Il a produit le film «Le piège américain», inspiré de son histoire, et un documentaire sur le sujet.

Lié à la mafia

Mort dans son condo de l’île Paton, à Laval, en 2002, Lucien Rivard a marqué l’histoire criminelle du Québec par son implication dans le trafic d’héroïne d’envergure et une évasion de prison suivie d’une cavale de quatre mois dans les rues de Montréal.

Mais Michel Trudeau espère que la déclassification des documents entourant l’assassinat de JFK, prévue en 2021, nous permettra d’en avoir le cœur net sur ses liens avec le meurtre.

Le producteur raconte que Lucien Rivard aurait collaboré avec Jack Ruby, celui qui a tué Lee Harvey Oswald qui était lui-même accusé d’avoir abattu le président Kennedy, pour éviter que la vérité éclate. «Il aurait fait ça parce qu’il était un courtier. Il aurait facilité la fuite des gens qui ont participé à ce complot-là. Des gens liés à la mafia», dit-il.

Lucien Rivard était «un monsieur qui passe inaperçu», raconte M. Trudeau. Durant sa carrière criminelle, il aurait fait circuler pour près de 10 milliards $ d’héroïne, aurait géré des casinos cubains, payé des pots-de-vin au président Fulgencio Batista avant d’être emprisonné par Fidel Castro.

Il n’a pas témoigné

Au Canada, il a continué de mener ses différents trafics, en camouflant ses activités derrière La Plage idéale, un club social sur les berges de la rivière des Mille-Îles, à Laval, où se produisaient des artistes comme The Platters et Frank Sinatra.

Finalement emprisonné à Bordeaux en 1965, il s’évade et reste en liberté durant quatre mois, avant d’être extradé aux États-Unis. Revenu au pays en 1972, en pleine Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO), il n’est jamais appelé à témoigner.

«Le criminel le plus important de l'histoire du Québec n'a jamais été interrogé [par les autorités] alors qu'elles auraient eu toutes les raisons de le faire, explique Michel Trudeau. Je pense qu'on ne l'a pas amené devant la CECO parce que [certaines agences] n'avaient pas envie qu'il parle.»