/news/politics

Fitzgibbon se défend de faire preuve de laxisme en matière d’éthique

Alexandre Robillard | Le Journal de Montréal

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Critiqué par les libéraux, mardi, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon s’est défendu de faire preuve de laxisme en matière d’éthique.

M. Fitzgibbon a été la cible de la députée libérale Dominique Anglade qui l’a invité ainsi que ses collaborateurs à faire preuve de plus de vigilance.

«Il y a un certain laxisme du côté du cabinet de M. Fitzgibbon sur les questions d’éthique, a-t-elle dit en entrevue mardi. Le ministre doit se ressaisir.»

Juste avant d’entrer au Salon bleu pour la période des questions, M. Fitzgibbon a répliqué à ces critiques. «C’est complètement faux», a-t-il dit sans s’arrêter.

Ami

Les commentaires de Mme Anglade faisaient suite à de nouvelles révélations de notre Bureau d’enquête concernant les activités de lobbyisme d’un ami du ministre. Luc Laperrière l’a déjà rencontré deux fois à son bureau ministériel pour les dossiers de ses clients.

Le commissaire au lobbyisme s’est interrogé sur l’absence de déclaration publique au registre des lobbyistes pour un de ces deux dossiers. Quant au second dossier, un porte-parole du commissaire a noté que M. Laperrière a déclaré son mandat en retard. La loi impose un délai de 30 jours aux lobbyistes pour qu’ils inscrivent leurs activités au registre.

Tout cela survient alors qu’une enquête a déjà été ouverte par la commissaire à l’éthique. Elle se penche sur une transaction financière impliquant M. Laperrière, pour l’achat d’actions à M. Fitzgibbon.

Devant cette «accumulation», Mme Anglade croit que «la barre mérite d’être redressée au sein du cabinet» de M. Fitzgibbon.

«Lorsque tu es ministre, tu devrais éviter de te retrouver dans toute situation de conflit d’intérêts», a-t-elle rappelé.

Tape sur les doigts

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal croit quant à lui que le commissaire au lobbyisme devrait également enquêter sur tout cela.

«Il doit enquêter et minimalement taper sur les doigts s’il y a des raisons de taper sur les doigts», dit-il.

Selon M. Marissal, M. Fitzgibbon, élu en octobre, doit changer ses façons de faire. «Je ne suis pas sûr qu’il comprend qu’il n’est plus dans le milieu des affaires et que le code est différent quand tu gères les fonds publics.»

Tout comme Mme Anglade, il lance un appel aux collaborateurs du ministre afin qu’ils le protègent davantage.

«Son personnel devrait s’assurer que quand c’est des amis, tout soit respecté», dit-il.

Intégrité

Le député péquiste Martin Ouellet estime quant à lui que M. Fitzgibbon «n’a pas pris toutes les mesures nécessaires pour assurer son intégrité».

«Je m’attends à ce que M. Legault ait une bonne discussion avec M. Fitzgibbon», a-t-il dit.

Dans la même catégorie