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Maternelle 4 ans: Roberge persiste et signe malgré les coûts

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Jean Francois Roberge

Simon Clark/Agence QMI

Malgré les coûts et les embûches, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge persiste et signe: offrir la maternelle 4 ans à tous dans un délai de cinq ans est un objectif réaliste et l’investissement sera payant à long terme, affirme-t-il. Mais le projet est loin de faire l’unanimité.

Lundi, lors de l’ouverture des consultations particulières sur le projet de loi qui doit permettre l’implantation des maternelles 4 ans pour tous, le ministre a défendu bec et ongle cette promesse phare de la Coalition avenir Québec, à laquelle s’opposent toutefois les partis d’opposition et d’autres intervenants.

Le ministre reste convaincu que «la meilleure place, pour un enfant de quatre ans, c’est définitivement dans une maternelle», malgré les coûts d’une telle mesure : 436 millions annuellement pour le salaire du personnel et près d’un milliard de dollars pour la construction de 1300 locaux, soit des chiffres beaucoup plus élevés que ceux évoqués en campagne électorale.

«Ça vaut la peine d’investir dans nos jeunes, le retour sur l’investissement sera là, j’en suis convaincu», a-t-il affirmé.

Le gouvernement Legault prévoit que d’ici cinq ans, 50% des parents d’enfants de 4 ans choisiront la maternelle, ce qui nécessitera la création de 2600 nouvelles classes, a précisé le ministre, plutôt que 3400 comme l’avaient indiqué des fonctionnaires lors du dépôt du budget provincial, en mars.

Il n’est pas question de reporter cet échéancier, malgré la pénurie d’enseignants et le manque de locaux dans le réseau scolaire, a ajouté le ministre.

«L’Ontario a été capable de le faire sur cinq ans, ce n’est pas vrai qu’au Québec on n’est pas capable» de faire la même chose, a-t-il lancé.

Le modèle new-yorkais

Ce modèle a fait ses preuves à New York, ont plaidé lundi en commission parlementaire deux représentants de la métropole américaine, où la maternelle 4 ans a été implantée en quelques mois seulement.

Cette mesure permettra à long terme de diminuer les coûts des services offerts aux élèves en difficulté, selon eux. Déjà, les premiers élèves inscrits en maternelle 4 ans qui sont maintenant en troisième année réussissent mieux que ceux qui les ont précédés, ont-ils affirmé.

Jacques Moreau, professeur à l’École de travail social de l’Université de Montréal, a quant à lui affirmé au contraire que la création des maternelles 4 ans «pourrait être une menace» pour certains enfants, surtout ceux qui sont les plus vulnérables, puisque le changement d’environnement pourrait être difficile à vivre pour eux.

Plus cher pour des familles

De son côté, la présidente de l’Association québécoise de la garde scolaire, Diane Miron, a souligné que le coût des services de garde en milieu scolaire pourrait être plus élevé pour des familles que dans un centre de la petite enfance (CPE).

Le tarif de base quotidien est le même, mais pour l’enfant qui fréquente la maternelle, il faudra payer des coûts supplémentaires pour avoir accès aux services de garde pendant les journées pédagogiques, pour des camps de jour pendant l’été et pour le repas du midi et les collations, qui ne sont pas fournis par l’école contrairement aux CPE.

Mme Miron a par ailleurs réclamé que le nombre d’enfants par éducateur en service de garde à l’école soit d’un maximum de 1 sur 15 pour les enfants de quatre ans, plutôt qu’un sur 20 comme c’est le cas présentement, une proposition qui a reçu une oreille attentive de la part du ministre Roberge.

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