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Un ancien «goon» de la LNH bien déterminé à rester en prison

Dominique Scali - Le Journal de Montréal

L’ancien dur à cuire de la LNH Patrick Côté est si déterminé à vivre en prison qu’il est allé jusqu’à menacer des policiers de briser des vitres de voiture s’ils ne l’enfermaient pas.

« Il est préoccupant de constater que vous avez menacé de commettre des délits dans le but de retourner en prison », peut-on lire dans une décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada rendue publique cette semaine.

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Pourquoi Patrick Côté veut-il rester détenu?

Patrick Côté, originaire de l’arrondissement LaSalle à Montréal, avait porté les couleurs des Stars de Dallas et des Predators de Nashville dans les années 1990, s’illustrant comme « goon ». Il s’est ensuite plutôt démarqué par sa toxicomanie et sa délinquance dans les années 2000 et 2010, multipliant les peines pour voies de fait, menaces, vols de voiture et de banque.

En décembre dernier, l’homme de 44 ans a été libéré d’office, ayant purgé les deux tiers d’une peine de près de six ans.

Trois jours après sa sortie, Côté se rendait lui-même dans un poste de police pour exiger d’être incarcéré.

« Vous avez menacé de briser les vitres de leurs voitures si vous n’étiez pas retourné en prison », indique la décision.

« Vous avez affirmé ne pas vous sentir en sécurité dans la rue et que vous vouliez aller retrouver vos amis incarcérés. »

« Lors de vos discussions avec les policiers par la suite [...], vous vous êtes montré peu transparent et peu collaborant tout en menaçant de récidiver si relâché. »

Risque pour la société

La Commission a donc décidé de révoquer sa libération d’office, jugeant qu’il présentait un « risque inacceptable pour la société ».

Pourquoi Côté tient-il tant à rester en prison ? Dur à dire, puisqu’il a refusé de s’entretenir avec une agente de libération conditionnelle après cette suspension.

« Il a été impossible de comprendre [...] votre motif de vouloir retourner en établissement. »

Côté avait déjà montré cette détermination à rester derrière les barreaux : refus de participer aux programmes correctionnels offerts, à une évaluation psychologique, de se présenter à sa maison de transition.

Lors d’une autre libération d’office en 2016, il a été arrêté à nouveau seulement deux semaines après sa sortie. Il s’était lui-même rendu aux autorités après un vol de banque à Brossard.

« Valeurs » criminelles

Déjà à cette époque, la Commission notait que Côté demandait à rester en prison, où il s’adonnait au trafic de tabac et de nourriture, en plus de faire preuve de « violence gratuite » envers ses codétenus.

Il disait également rêver de mourir criblé de balles par les policiers comme le célèbre braqueur français Jacques Mesrine.

Côté semble avoir de la difficulté à « générer des solutions appropriées » à ses problèmes et manifeste un « attachement aux comportements, aux valeurs et aux contacts criminels », remarquait d’ailleurs la Commission en mars.

Côté pourrait obtenir une nouvelle date de libération d’office, à moins que la Commission ordonne qu’il soit incarcéré jusqu’à la fin de sa peine complète.

Rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada

- « Vous avez affirmé ne pas vous sentir en sécurité dans la rue et que vous vouliez aller retrouver vos amis incarcérés. »

- « Depuis votre adolescence, vous présentez une problématique de toxicomanie qui s’est amplifiée dès votre entrée dans une ligue professionnelle de sport [...] Vous n’auriez jamais réintégré le marché du travail suite à la fin de votre carrière au hockey. »

- « Vous dites avoir commis ces délits [vols de banque après 2014] pour avoir accès à des soins médicaux en incarcération. »