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L’eau rouge de Tata Steel inquiète à l’Assemblée

Les déversements répétés de la minière Tata Steel à proximité de Schefferville inquiètent le gouvernement du Québec et les partis d’opposition, alors que François Legault juge que les écoulements d’eaux rouges sont «préoccupants».

«J’ai vu les images autour de Tata, c’est préoccupant de voir la couleur de l’eau. Le ministère de l’Environnement est sur le dossier et le Directeur des poursuites criminelles et pénales a le dossier entre ses mains. On va s’assurer que l’environnement soit respecté», a lancé le premier ministre mercredi avant la période de questions.

«C’est préoccupant de voir la couleur de l’eau, je veux que des spécialistes me fassent rapport», a-t-il dit.

Le Journal a révélé au matin des photos de cours d’eau rouges dans le nord du Québec. La minière Tata Steel admet une problématique de déversements tant du côté du Québec, vers Schefferville, que du Labrador, mais prétend qu’il n’y a aucun risque ni pour la santé ni pour l’environnement.

En 2018 seulement, les Innus de la communauté voisine de Schefferville, Matimekush-Lac John, ont documenté 23 sites d’écoulement d’eau rouge dans des lacs et des rivières aux abords du projet d’extraction de minerai de fer de Tata Steel Minerals Canada (TSMC), situé à cheval entre les provinces du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

La présence de particules de fer confère une couleur rougeâtre à l’eau. Des photos prises par les Innus et un documentariste montrent des écoulements rouges sur plusieurs kilomètres jusque dans le lac Triangle. Le porte-parole de la minière, Armand MacKenzie, a d’abord nié les faits. «Ces allégations sont non fondées», a-t-il déclaré au Journal en matinée, lundi.

Scandaleux

Ce comportement a été vertement critiqué par la solidaire Ruba Ghazal. «C’est vraiment scandaleux, la façon dont la minière agit en disant : “Non, non, non, il n’y a absolument aucun problème” pour ensuite dire “ah il y a eu un déversement, puis ce n’est pas dangereux”«, a-t-elle dénoncée.

Mme Ghazal se questionne également sur le ministère de l’Environnement, qui a remis un rapport d’enquête au DPCP en 2018. «Si, comme la minière le dit, ce n’est pas dangereux, bien où sont les résultats, qu’on les rend publics? Oui, c’est important pour l’ours, mais aussi pour les communautés qui sont autour, il faut qu’elles aient l’information», a-t-elle lancé.

De son côté, le péquiste Sylvain Gaudreault demande au ministre de l’Environnement Benoit Charrette de parler rapidement avec son homologue de Terre-Neuve. «J’espère qu’on ne commencera pas à s’obstiner sur une question de frontière pour des déversements à risque sur l’eau potable, la santé publique de la population», s’est-il exclamé.

Manque de transparence

La libérale Marie Montpetit réclame également de la transparence. «Le ministre devrait déjà être en train d’informer la population et de la rassurer», a-t-elle affirmé.

De son côté, le ministre des Ressources naturelles Jonatan Julien soutient que la mine a déposé un plan d’action pour éviter ce genre de déversement. «On espère qu’il y aura des suites au DPCP. On ne peut pas accepter les images qu’on voit aujourd’hui», a-t-il dit.

Le ministre de l’Environnement Benoît Charrette souligne pour sa part que la minière pourrait recevoir des amendes salées – elles peuvent dépasser le million de dollars par constat d’infraction – s’il y a reconnaissance de faute.

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