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«Un avant Granby et un après Granby», disent Legault et Laurent

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Officiellement lancée jeudi, la commission présidée par Régine Laurent aura le mandat de revoir l’ensemble du filet de protection de la jeunesse au Québec, afin d’éviter un nouveau drame comme celui qui a coûté la vie à une fillette de Granby.

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«Ce n’était pas la première fois, au Québec, que le réseau qui doit protéger nos jeunes l’échappait. Je pense qu’on est rendus à une étape où on doit revoir complètement le réseau d’aide, de support de toutes sortes, pour nos enfants et nos jeunes», a déclaré le premier ministre François Legault au cours d’une conférence de presse à Québec, entouré des présidents et vice-présidents, ainsi que des représentants de l’opposition.

Coprésidée par André Lebon et Michel Rivard, la Commission spéciale sur les droits des enfants et de la protection de la jeunesse s’intéressera notamment au rôle des réseaux de la santé, de l’éducation, des organismes communautaires et des services policiers.

De plus, elle étudiera le cadre législatif entourant la protection de l’enfant. Dans le cas du drame de Granby, plusieurs observateurs avaient noté qu’un juge avait retourné la fillette, conformément à la jurisprudence, malgré l’environnement toxique.

 «Ce que je souhaite [...], c’est qu’il y ait un peu comme un avant Granby et un après Granby», a lancé le premier ministre Legault a terme de sa présentation. En attendant, son gouvernement a demandé aux directeurs de la protection de la jeunesse de réviser les dossiers des enfants à risque. Une dizaine d’interventions ont déjà eu lieu, a confié le ministre Lionel Carmant. 

Une commission «indépendante»

Plus tôt cette semaine, les partis d’opposition avaient déploré la nomination unilatérale de Régine Laurent par François Legault à la tête de la commission, disant craindre pour l’indépendance de l’exercice. François Legault a d’ailleurs laissé entendre jeudi qu’il avait approché l’ex-présidente de la FIQ pour devenir candidate de la CAQ. «J’avoue que je suis un grand admirateur de Régine Laurent depuis longtemps. J’aurais souhaité qu’elle soit plus proche de la CAQ, mais bon...», a-t-il déclaré, sourire aux lèvres.

Malgré les doutes exprimés, les partis d’opposition s’étaient ralliés à l’exercice jeudi. La libérale Hélène David, qui siégera sur la commission, a minimisé les tensions, qu’elle attribue aux personnalités fortes des élus. «Ça a été des aller-retour, je dirais normal, dans un nouveau processus», a-t-elle commenté.

«La commission va être totalement indépendante du gouvernement», a assuré, pour sa part, le premier ministre Legault.

Une commission à définir

De nombreux éléments, comme le budget de la commission, demeurent à définir. L’exercice devrait se déplacer dans certaines villes du Québec, où des intervenants pourront témoigner à huis clos pour protéger leur identité. Les commissaires devront déposer un rapport contenant des constats et des recommandations devra être déposé au plus tard le 30 novembre 2020.

Chose certaine, la présidente Régine Laurent n’entend pas s’attarder aux décisions politiques de l’ère libérale, dont l’austérité budgétaire. «La commission n’est pas là pour faire le procès de qui que ce soit, de quoi que ce soit», dit-elle, promettant de se concentrer sur les solutions pour l’avenir.

De plus, malgré ses pouvoirs de subpoena, la commission Laurent ne devrait pas contraindre des gens à témoigner. «Je pense qu’elle aurait le pouvoir de le faire, mais pas la volonté», dit le premier ministre Legault.

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