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«Constituons!»: Une nouvelle constitution québécoise écrite pour... le théâtre

Agence QMI 

Capture d'écran

Une pièce de théâtre appelée «Constituons!» donne lieu à une constitution québécoise «fictive» découlant d'une véritable démarche citoyenne, et présentée à l'Assemblée nationale par la députée indépendante de Marie-Victorin, Catherine Fournier.

Invités à «Là-haut sur la colline» à QUB radio vendredi, le metteur en scène Christian Lapointe et la députée ont expliqué que l'exercice démontre que la question constitutionnelle intéresse toujours les Québécois.

«Pour moi, c’est la preuve que c’est possible de faire un processus comme ça au Québec. Les contenus qui émergent de ça n’émanent d’aucune pression ni d’aucun lobby [...]», a dit Christian Lapointe.

Quarante-deux citoyens choisis au hasard ont participé au processus de création qui a duré trois ans.

«Mon travail de dramaturge, c’est que moi je fais une pièce documentaire sur l’observation de cette grande entreprise, si on veut. Donc, l’Institut du Nouveau Monde a fait tirer au hasard à partir d’une banque d’internautes [...] un panel de 42 personnes représentatives de la société québécoise de toutes les régions administratives, et ces gens-là se sont rencontrés à plusieurs reprises dans l’année et ont élaboré à un certain moment des questions à poser à la population, et il y a eu cette mise à l’épreuve de cette forme de théâtre qu’est l’agora populaire», a expliqué Christian Lapointe.

Au terme des forums citoyens, les constituantes et constituants ont ensuite rédigé une constitution sur laquelle ils ont voté.

«Et après, moi j’ai regardé toute cette aventure-là, c'est trois ans de travail pour moi, et là moi je fais une pièce qui témoigne du tourbillon dans lequel je me suis trouvé, et dans lequel j’invite le public, à la fin, à lire la constitution», a-t-il expliqué à Antoine Robitaille.

Au lieu de «J’aime Hydro», c’est «J’aime la constitution» demande Antoine Robitaille?

«On peut dire ça comme ça, à la différence que [Christine] Beaulieu documente quelque chose qui existe, a-t-il répondu en riant. Moi, j’ai dû créer la chose à documenter. Moi, j’ai dû provoquer la chose à documenter.»

Catherine Fournier a tellement aimé le produit final qu'elle a remis cette constitution fictive en main propre à la ministre de la Justice, Sonia Lebel, jeudi.

«De mon point de vue de souverainiste, je trouve ça intéressant», a dit Catherine Fournier

Est-ce une constitution souverainiste?

«Ben, moi, je n’y suis pour rien. On pourrait regarder ça et se demander s’il s’agit d’une déclaration d’indépendance. En même temps, les juristes doivent reprendre ça et se demander comment interpréter ça en contexte de la jurisprudence et d’un contexte canadien. Le fait qu’on n’a pas signé 1982, on est comme des conjoints de fait avec le reste du Canada», a affirmé le dramaturge.

Enthousiasme face à la question constitutionnelle

Au terme de cette aventure, le metteur en scène estime qu'il existe un certain enthousiasme au Québec pour les questions constitutionnelles.

«C’est une manœuvre de dire que non, ça ne nous intéresse plus. C’est une manœuvre pour ne pas qu’on se dote de ça. Alors qu’une constitution, c’est un texte qui a valeur légale, qui dit ce qu'on est comme groupe humain, qu’est-ce qu’on veut, comment on va faire ce qu’on veut et qui a le pouvoir exécutif et législatif, donc ça concerne tout le monde», a-t-il soutenu.