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Les groupes autochtones appellent à l’action

Agence QMI

Les organisations autochtones pressent le gouvernement Trudeau d’agir pour mettre fin aux violences contre les femmes autochtones, dans la foulée de la publication du rapport final de l’enquête nationale sur la question, mais certains intervenants craignent que la question soulevée autour de l’utilisation du mot «génocide» prenne trop de place.

Le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) conclut à un «génocide canadien» contre les membres des Premières Nations, tout particulièrement les femmes, les filles et les membres de la communauté LGBTQ2 autochtones.

L’emploi du terme «génocide» a suscité un malaise chez certains observateurs, dont l’ex-ministre des Affaires autochtones sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper, Bernard Valcourt. «À quoi sert de réécrire l’histoire et de ne pas avancer les vrais moyens?» a écrit ce dernier sur Twitter vendredi, quand de premières informations ont fuité dans les médias sur le principal constat de l’ENFFADA.

«La Couronne doit honorer ses obligations constitutionnelles et fiduciaires, et prendre toutes les mesures nécessaires et urgentes pour assurer la réparation pleine et entière des préjudices infligés à l’ensemble des Premières Nations. Le débat autour du terme génocide ne doit pas nous éloigner de cet enjeu prioritaire qui se trouve au cœur de la solution», a souligné par communiqué le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, lundi.

Le Congrès de peuples autochtones a salué le dépôt du rapport de l’ENFFADA qui comporte 231 recommandations ou «appels à la justice» s’étalant sur 1200 pages.

«Nous espérons que la mise en œuvre complète des demandes de justice renforcera la sûreté, la sécurité et l’autonomie de nos commettants», a soutenu le chef national de l’organisation, Robert Bertrand.

Une coalition d’organismes dont l’Alliance féministe pour l'action internationale a aussi appelé les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à agir pour mettre fin «au racisme, au sexisme et à la violence profondément enracinés contre les femmes et filles autochtones».

Plusieurs ministres et députés fédéraux ont aussi insisté sur l’importance de passer à l’action et ont voulu mettre de côté la question de savoir si le recours au mot «génocide» par les commissaires de l’ENFFADA est approprié.

«On va laisser la définition aux universitaires, a dit le ministre de la Justice, David Lametti. Pour nous, l’important c’est l’action et la collaboration avec nos partenaires autochtones pour trouver des solutions.»

Du côté des conservateurs, le député Alain Rayes s’est bien gardé d’embarquer «dans le sémantique ».

«L’objectif, c’est que des actions soient posées afin que les personnes qui ont vécu des tragédies, les familles et les communautés puissent vivre sereinement», a-t-il soutenu.

Le bloquiste Marilène Gill s’est dite agacée par les questions qui fusaient sur l’utilisation du mot génocide

«Je suis d’accord avec le fait qu’il y ait des recommandations, que les gens aient nommé [l’enjeu]. J’aimerais que ce ne soit pas une bataille de mots, mais qu’on arrive avec des actions», a-t-elle conclu.

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