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Massé et Rizqy parlent d’un «génocide», Legault rejette le terme

Patrick Bellerose | Journal de Québec

La solidaire Manon Massé et la libérale Marwah Rizqy n’hésitent pas à reprendre le terme «génocide» utilisé par l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), un mot que le premier ministre François Legault refuse d’utiliser.

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«L’utilisation d’un mot comme ‘‘génocide’’ vient, j’espère, nous mettre, tout le monde, les yeux devant les trous. Quand je regarde la définition de l’ONU, honnêtement, je vois bien que ce que, depuis 300-400 ans, on fait vivre aux autochtones s’apparente clairement à un génocide», dit la chef parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, en ajoutant qu’elle souhaite que le débat de sémantique n’occulte pas les conclusions de la commission.

L’ENFFADA a déposé lundi un rapport produit après deux ans et demi de travaux au cours desquels elle a entendu plus de 2000 témoignages. Le document affirme que les autochtones du pays subissent un «génocide planifié».

Pour Manon Massé, la Loi sur les Indiens, le système de réserves, l’école résidentielle et les rapts d’enfants qu’ont vécus les peuples autochtones au cours des dernières décennies justifient l’utilisation du terme.

La députée libérale Marwah Rizqy a abondé dans le même sens, n’hésitant pas à approuver l’utilisation du terme «génocide». «On parle de milliers de jeunes femmes qui sont soit portées disparues, qui n’ont pas été retrouvées, et qu’il n’y a même pas eu de début d’enquête. Alors, oui, effectivement, le terme qui a été utilisé par les commissaires est à propos», estime-t-elle.

Legault rejette le terme

Tout en reconnaissant la gravité des faits, le premier ministre François Legault a pour sa part refusé d’utiliser le mot «génocide». «Un génocide, c’est quand on veut, de façon systématique, faire disparaître une nation. Je ne pense pas qu’on parle de ça, mais on parle de quelque chose de vraiment très grave», a-t-il commenté lundi.

«Je ne veux pas que ce soit un débat de mots, a-t-il précisé. C’est très grave, il faut en prendre acte et il faut agir rapidement.»