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Bébé décédé: le Collège des médecins radie un membre 4 mois

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

PHOTO DOMINIQUE SCALI

Le Collège des médecins a radié hier une membre durant 4 mois car elle a oublié, avant ses vacances en 2015, d’avertir une patiente qu’elle devait accoucher d’urgence, sans quoi son bébé pouvait mourir.

« L'intimée aurait pu corriger son erreur en contactant immédiatement sa patiente, mais elle ne l'a pas fait. Il s'agit d'un oubli très grave et c'est la raison pour laquelle cette conduite doit être réprimée. [Cette sanction] est un message dissuasif clair à la communauté médicale », a jugé le Conseil de discipline dans son récent verdict.

En mai 2015, Audrey Cayer a passé une échographie de routine auprès de la Dre Estelle Bélanger, dans une clinique de Trois-Rivières, en Mauricie. Alors qu’elle en était à huit mois de grossesse, on lui a dit que tout allait bien. Mais en réalité, son très petit fœtus se mourrait.

Durant cette journée anormalement « chargée », le médecin qui pratiquait depuis 1997 sans antécédent a pris connaissance des données obtenues lors de l’examen. D’après le jugement, ceux-ci étaient erronés, car la spécialiste ne maîtrisait pas totalement l’appareil.

Or, celle-ci partait en vacances pour une période de trois semaines et a omis d’appeler la mère ou même de transmettre l’information à ses collègues, malgré « un énorme drapeau rouge », et plus d’une occasion pour le communiquer. Cela aurait dû être « sa seule priorité de la journée », selon le syndique du Collège des médecins.

Mme Cayer a été informée à la fin du mois de mai qu’elle portait dans son ventre un bébé décédé, le petit Jake. En mai 2018, la mère a entamé une poursuite de 195 000$ contre son médecin pour n’avoir pas fait un suivi de grossesse adéquat, une erreur qui aurait selon elle pu être évitée. Le dénouement de ce dossier demeure inconnu.

Dre Bélanger a quant à elle plaidé coupable à la première occasion à la plainte portée contre elle par le Conseil en juin dernier. Et le syndique suggérait une radiation de six mois, contre deux pour la défenderesse, qui qualifiait la position adverse de « déraisonnable ». Selon elle, il s’agissait d’une erreur humaine et non de compétence professionnelle.

Cette dernière comprend néanmoins la gravité des gestes reprochés, peut-on lire. Elle dit regretter sincèrement les évènements et participe depuis à la mise en place de mesures pour améliorer les pratiques.

Elle prend désormais une journée afin de s’assurer qu’elle n’a pas oublié de suivis dans ses dossiers avant de partir en vacances.