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Bertrand Charest en appel pour diminuer sa condamnation

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

L’ex-coach de ski Bertrand Charest n’est pas un gourou qui soumettait ses jeunes athlètes à ses « caprices sexuels », a affirmé ce matin son avocat tout en déplorant que son client n’avait pas eu droit à un procès juste et équitable.

« Il ne faut pas regarder la cause comme s’il était un Charles Manson ou un Jim Jones [deux tristement célèbres gourous américains] », a plaidé le criminaliste Louis Belleau.

D’ici la fin des audiences demain, le réputé avocat tentera de convaincre le plus haut tribunal de la province que le coach de ski déchu n’aurait jamais dû être déclaré coupable d’une kyrielle de crimes sexuels remontant aux années 90. À l’époque, il entraînait les équipes nationale junior féminine et laurentienne.

Il avait toutefois profité de son statut d’entraîneur d’élite pour agresser sexuellement les adolescentes sous sa responsabilité.

Il a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles, dont une qui est tombée enceinte. C’est Charest lui-même qui l’avait emmenée se faire avorter. Il maintient toutefois qu’il n’y a pas de preuve voulant qu’il soit responsable de cette grossesse.

Au terme de son procès il y a deux ans, il avait été déclaré coupable de 37 accusations sur 57, ce qui lui avait valu 12 ans de pénitencier.

Dysfonctionnements

Le hic, c’est que le juge de première instance aurait mal fait son travail, selon la défense.

« Il y a eu des dysfonctionnements au point où M. Charest n’a pas été jugé selon la loi, des règles tellement élémentaires ont été contournées ou ignorées », a déploré Me Belleau ce matin.

Il a donné en exemple une condamnation pour un crime sexuel commis en Nouvelle-Zélande... Même si le Québec n’a pas juridiction pour les crimes commis là-bas. Dans d’autres cas, Charest a été déclaré coupable de contacts sexuels sur des mineures alors que l’âge des plaignantes au moment des infractions n’a jamais été établi.

« La poursuite ne pouvait pas l’ignorer », a rappelé Me Belleau.

Lors du processus d’appel, la Couronne avait d’ailleurs concédé que Charest n’aurait jamais dû être déclaré coupable de près de la moitié des accusations, même si cela ne change rien au nombre de victimes.

« Au total [le DPCP] concède huit acquittements, deux nouveaux procès et 10 arrêts conditionnels des procédures », peut-on lire dans un jugement sur la remise en liberté sous caution de Charest.

Dans cette décision, la cour affirmait qu’il est « raisonnable de croire » que ces concessions de la Couronne influenceront la sentence. En fait, il est pratiquement certain que la peine sera diminuée d’au moins 16 mois.

 

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