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Trudeau accepte le constat d'un génocide canadien

Agence QMI

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ÉMILIE BERGERON / AGENCE QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a dit mardi qu’il acceptait les conclusions du rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont celle qui conclut à la présence d’un «génocide canadien».

Lundi, M. Trudeau avait évité de reprendre cette expression maintes fois employée par les commissaires pour qualifier les violences subies par les femmes, filles et membres de la communauté LGBTQ2 des Premières Nations.

En recevant le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) lors d’une cérémonie à Gatineau, il avait plutôt parlé d’une situation «honteuse» et «inacceptable»

Dans un point de presse tenu à Vancouver, mardi, le premier ministre fédéral est toutefois revenu sur la question en disant qu’il acceptait ce constat de «génocide canadien».

«Il y a plusieurs débats entourant les mots [...]. Notre objectif, comme pays, comme leader et comme citoyens doit être de se concentrer sur les étapes à entreprendre pour mettre fin à cette situation», s’est-il toutefois empressé d’ajouter.

Le fait que M. Trudeau ait prononcé le mot «génocide», mardi, n’a pas semblé dissiper le malaise autour du mot chez plusieurs députés croisés dans les couloirs du Parlement, à Ottawa.

«Ce sont les mots qui ont été choisis par les commissaires suite à l’enquête qu’ils ont faite, a dit le ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne. Moi, ce que je regarde c’est surtout ce qu’on doit faire, les recommandations, le travail qu’on a à faire comme société.»

Son collègue aux Ressources naturelles, Amarjeet Sohi a affirmé que la question de savoir comment nommer les choses «est quelque chose sur lequel nous allons continuer de réfléchir au fur et à mesure que nous avançons dans ce dossier».

«Je pense que nous devons reconnaître la marginalisation historique, le racisme et la discrimination auxquelles ont fait face les femmes et filles autochtones dans ce pays», a-t-il ajouté.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a de son côté déploré l’emploi du mot «génocide» par l’ENFFADA, le qualifiant de terme «extrême».

«Ils ont fait du bon travail [...]C’est dommage qu’ils aient utilisé ce mot-là. Ça vient peut-être un peu mettre de l’ombrage sur les recommandations», a-t-il commenté.

Jane Philpott, qui a été ministre des Services aux Autochtones, a quant à elle soutenu faire confiance au jugement des commissaires qui ont entendu une foule de témoignages. «Ils ont fait leur choix de mots et de déclarations avec précaution», a-t-elle dit.

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