/news/law

Il doit payer la pension de sa fille «ingrate»

Stéphanie Desjardins | Journal de Québec

Statue of justice

sebra - stock.adobe.com

Un père a tenté de mettre fin à la pension alimentaire de sa fille de 18 ans qui va au cégep, parce qu’il la trouve « ingrate ».

Le père a échoué dans sa tentative, mais a fait baisser le montant de la pension de 634 $ à 462 $ par mois, car un juge a déterminé que la fille devrait travailler pendant ses études, ce qu’elle refusait de faire.

Les relations sont loin d’être harmonieuses entre le père et sa fille adulte qui est aux études. Les lieux et identités ne sont pas rendus publics, puisqu’il s’agit d’un jugement en droit de la famille dans le district de Gaspé.

« [L’enfant] qualifie sa relation avec son père d’horrible. Tant le père que sa fille tiennent l’autre responsable de la situation et aucun des deux n’en prend la faute », peut-on lire dans un jugement de la Cour supérieure rendu le 23 mai.

Le père payait une pension alimentaire à la mère qui a la garde de leur fille. Lorsque la mère est passée par le tribunal pour obtenir des montants pour des frais particuliers, le père en a profité pour demander de mettre fin à la pension, en raison du comportement de sa fille, qui constitue de l’ingratitude, selon lui.

Ingrate ?

Le juge Jacques Blanchard a indiqué qu’il arrive que les tribunaux tiennent compte de l’ingratitude des enfants dans les cas extrêmes. Ce n’était pas le cas dans cette histoire, a-t-il conclu.

Il a toutefois estimé que la jeune fille ne pouvait pas couper les liens avec son père, tout en exigeant qu’il participe financièrement à ses dépenses. « Il a droit à un minimum de respect et [l’enfant] doit respecter ses obligations à l’égard de son père si elle souhaite que ce dernier respecte ses obligations envers elle », écrit-il.

Il a ordonné à la jeune fille qu’elle informe son père de ses horaires et des résultats de ses examens.

Pension diminuée

La pension alimentaire que le père devra verser parce que sa fille n’est pas autonome financièrement a été diminuée, car le juge croit que l’étudiante, qui ne veut pas travailler pour se concentrer sur ses études, serait capable de le faire. « De l’avis du tribunal, elle possède les atouts nécessaires pour trouver un travail afin de ne pas nuire à celles-ci (ses études) », estime le juge.