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Legault ne ferme plus la porte à un référendum pour un nouveau mode de scrutin

Charles Lecavalier | Journal de Québec

François Legault ne ferme plus la porte à l'idée de tenir un référendum sur une réforme du mode de scrutin, mais rappelle à ses députés qu’ils doivent d’abord penser aux «intérêts du Québec», et non au leur.

«Je suis à l’écoute de ce que disent les députés, les autres partis. On va essayer de faire le plus grand consensus possible», a affirmé le premier ministre aujourd'hui.

«C’est un changement important. Si on met plusieurs sièges, entre 45 et 50, en candidats de liste, c’est un changement important. On peut comprendre que des personnes demandent un référendum», a-t-il ajouté.

Moins de trois semaines auparavant, M. Legault s’opposait pourtant à cette éventualité. «On n’a jamais dit qu’il y aurait un référendum. Des groupes et des éditorialistes voudraient qu’il y en ait, mais nous, on s’est engagés à ce qu’il n’y en ait pas», disait-il.

Caucus houleux

La veille, le caucus de la CAQ s’est réuni pour discuter de la réforme du mode de scrutin.

Certains élus vivent de «l’anxiété» face à ce changement, reconnaît le premier ministre. Il lance toutefois un message à ses ouailles qui pensent un peu trop à leur emploi. «Un de mes premiers mots au caucus, mardi soir, ça a été de dire qu’il faut penser aux intérêts des Québécois et non aux intérêts de la CAQ», a-t-il dit.

Certains députés ont pris la parole pour remettre en question la position officielle du parti. Nancy Guillemette, députée de Roberval, aimerait que les Québécois soient consultés pour ce changement important. Marie-Louise Tardif, élue de Laviolette–Saint-Maurice, en Mauricie, croit que la réforme du mode de scrutin ne fait pas partie des priorités.

L’ancien parlementaire Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement démocratie nouvelle, qui milite pour un mode de scrutin plus proportionnel, demande à M. Legault de «tenir bon». «Il est sous pression de la part de députés qui ont peur de perdre leur travail», a-t-il déploré. Il estime que ces députés «sont la pour servir leurs intérêts, et pas pour servir celui du Québec».

«Il y a des gens qui manquent de dignité et d’honneur dans le caucus de la CAQ. Leurs critiques ne sont pas sur le fonds, mais sur leur avenir politique. Certains députés souhaiteraient que François Legault fasse un Justin Trudeau de lui-même. Il doit tenir bon et ne pas céder devant ceux qui croient que leur carrière politique sera terminée», a-t-il lancé au Journal.