/news/politics

Après quatre ans au pouvoir, les libéraux blâment encore les conservateurs

TVA Nouvelles

Après un nouvel épisode d’abolition de postes dans un média canadien, le gouvernement libéral continue de blâmer l’inaction des conservateurs, même si le parti de Justin Trudeau est majoritaire depuis quatre ans.

Jeudi matin, Mario Dumont s’est entretenu avec le ministre canadien du Patrimoine Pablo Rodriguez, moins de 24 heures après l’annonce de l’abolition de 68 postes chez TVA.

«L’Europe s’est penchée là-dessus depuis plus de dix ans. Ils sont en avance sur nous. Pourquoi? Parce que ça fait des années qu’ils travaillent là-dessus, pendant que les conservateurs n’ont rien fait, lance le ministre libéral. Quand on est arrivé, il a fallu mettre en place plusieurs mécanismes. [...] Est-ce que les choses vont assez vite? Non. Est-ce que je suis content? Non.»

 

Le ministre Rodriguez estime que son gouvernement va «aussi vite que possible» avec le comité qui se penche sur les lois sur le milieu, mais que son mandat est vaste, touchant à tout le secteur des télécommunications, au rôle du CRTC, au rôle de Radio-Canada, au coût d’utilisation du cellulaire.

Double discours

Questionné par Mario Dumont sur le fait que le gouvernement verse de l’argent en publicité aux géants du web alors que ceux-ci ne versent aucune taxe et ne font aucun versement aux fonds comme les médias, le ministre soulève qu’il doit travailler avec des lois désuètes, créées avant l’arrivée d’internet.

Il promet toutefois de bouger très rapidement dès qu’il aura le rapport. «On veut avoir un système qui est égal, le même pour tous et faire en sorte que tous ceux qui participent au système contribuent au système, sans passe-droit», assure-t-il.

À quelques mois des élections, le gouvernement ne devrait-il pas être en train de faire son bilan, et non de prendre des actions, questionne Mario Dumont? Le ministre libéral défend le bilan de son gouvernement, estime que des investissements historiques ont été faits, mais jette encore une fois la pierre à ses prédécesseurs.

«Si les conservateurs avaient bougé en même temps que l’Europe, et ça ne me tente pas de les blâmer, j’aurais préféré qu’ils fassent de quoi, on n’en serait pas là aujourd’hui, on ne serait pas là en train de patiner et essayer de se grouiller pour faire les changements nécessaires», dit le député d’Honoré-Mercier.

 

«Pitoyable et honteux»

Le porte-parole du NPD en matière de culture et de communications ne mâchait pas ses mots sur ce qu'il a qualifié d'«inaction du gouvernement» dans ce dossier, en entrevue à l'émission de Mario Dumont.

«Je trouve ça pitoyable, on n'a rien fait», a laissé tomber le député Pierre Nantel, estimant qu'il fallait sans attendre accélérer les choses. Il reconnaît que la question n'est pas simple. «Or, le problème actuellement, c'est que le gouvernement ne fait juste rien. Aucun leadership», tranche-t-il, sans appel.

«Tout le monde a travaillé, a soumis des mémoires, il y a eu la coalition pour la culture, les médias, l'information. Tout le monde a essayé de convaincre le gouvernement de l'urgence d'agir, et tout ce qu'on a eu jusqu'ici, c'est des comités», a déploré M. Nantel.

 

«République de bananes»

Au Bloc québécois, on déplore que le gouvernement fasse la sourde oreille quant aux propositions de la formation sur ce dossier et qu'on continue d’encourager les géants du web avec de la publicité.

«Il y a des familles complètes qui vont souffrir de l’inaction du gouvernement fédéral dans ce dossier-là», affirme la députée Monique Pauzé. «On encourage des multinationales dont les revenus vont tous aux États-Unis. Qu’est-ce qui se passe avec le gouvernement du Canada. Des fois, j’ai l’impression qu’ils attendent de voir ce que d’autres vont faire. Ottawa attend que la planète entière mette des règles pour les géants du web? Parfois, on se demande si on n’est pas dans une république de bananes.»

Dans la même catégorie