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«Comme des bêtes 2»: rater sa cible

Isabelle Hontebeyrie

 - Agence QMI

Alors qu’on l’imagine pensé pour les enfants, «Comme des bêtes 2» livre un message uniquement destiné aux adultes.

Sorti en 2016, «Comme des bêtes» posait la question, hautement existentielle – et commune à tous les propriétaires d’animaux de compagnie – de savoir ce que faisaient nos créatures bien-aimées en notre absence. Divertissant et rafraîchissant, ce premier opus permettait de passer un agréable moment en famille. Malheureusement, cette suite sent sérieusement le réchauffé.

Max (doublé, en version originale, par Patton Oswalt) souffre d’angoisse depuis que sa propriétaire, désormais mariée, a eu un bébé. Des vacances à la campagne vont le faire rencontrer Le Coq (doublé, en version originale, par Harrison Ford et, chez nous, par Normand d’Amour), un berger allemand terre-à-terre appliquant les bons vieux principes d’autorité, de discipline et de calme constant.

Parallèlement, le lapin Pompon (voix de Kevin Hart), qui se prend pour un superhéros, se fait demander par Daisy (voix de Tiffany Haddish) de sauver un bébé tigre des pattes d’un méchant propriétaire de zoo russe et de sa meute de loups. Gidget (voix de Jenny Slate) va quant à elle tout faire pour aller chercher le jouet préféré de Max, tombé par mégarde dans un appartement rempli de chats.

Avec ces trois histoires développées séparément dans le scénario de Brian Lynch, le réalisateur Chris Renaud ne parvient pas à assurer une cohérence. Le spectateur se retrouve donc devant trois courts-métrages sans aucun rapport – ni visuel ni scénaristique – l’un avec l’autre.

Quelques dialogues absurdes donnent lieu à des rires chez les adultes, tandis que les plus jeunes gloussent en entendant les plaisanteries scatologiques ou en voyant les scènes reposant sur du «slapstick». Côté visuel, on retrouve des éléments qui ont fait la renommée des «Looney Tunes» (notamment dans le design des loups) ainsi que des chansons parfaitement adaptées à un public plus vieux (on reconnaît notamment une reprise de Simon and Garkunkel, du Jefferson Airplane ou encore du Stevie Wonder).

Le message de ce «Comme des bêtes 2» s’adresse aux parents et porte sur la manière dont ils surprotègent leurs enfants (les fameux parents hélicoptères). La grande leçon du film est qu’il faut arrêter de couver les petits afin qu’ils puissent voler de leurs propres ailes. Avouons-le: c’est un peu étrange.

Note : 2,5 sur 5