/news/culture

«Phénix noir»: des adieux émouvants

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Les amateurs des «X-Men», dont je fais partie, apprécieront ce dernier long métrage qui met en vedette Sophie Turner, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence.

Ultime volet de la franchise actuelle, les studios Marvel ayant annoncé le rapatriement des mutants au sein de l’Univers cinématographique Marvel (UCM) auquel appartiennent les «Avengers» et consorts, «Phénix noir» se regarde avec un brin de tristesse, celle-là même éprouvée devant «Logan», qui signait l’abandon, par Hugh Jackman, de son personnage iconique de Wolverine.

L’introduction du long métrage de 114 minutes réalisé par Simon Kinberg explore l’accident de voiture qui a rendu Jean Grey (incarnée, adulte, par Sophie Turner) orpheline en 1975. Les spectateurs sont ensuite transportés dans les années 1980, lors d’une mission de la navette spatiale. Appelés en renfort pour sauver les astronautes de la NASA, les X-Men – composés de Charles Xavier (James McAvoy), Raven (Jennifer Lawrence), Beast (Nicholas Hoult), Cyclops (Tye Sheridan), Storm (Alexandra Shipp), Nightcrawler (Kodi Smit-McPhee), Quicksilver (Evan Peter) et Jean – s’exécutent avec peine, non sans y laisser quelques plumes. En effet, lors de cette mission, Jean se retrouve possédée par une entité toute puissante qui la transforme en Phénix, un pouvoir qu’elle ne parvient pas à contrôler. Magneto (Michael Fassbender) sera appelé à la rescousse après que Jean ait tué Raven. Les X-Men se retrouveront donc divisés.

Évidemment, les premières choses qu’on regarde dans un film de superhéros au budget de 200 millions $ sont les effets spéciaux et visuels. Pas de doute, toutes les équipes impliquées – dont celles de Montréal, le film ayant été tourné chez nous – livrent du bien beau boulot. Les fêlures lumineuses sur le visage de Jean, par exemple, illustrent de manière intéressante le dilemme de la jeune femme. Les plans des affrontements entre les membres des X-Men sont réussis, notamment les moments avec Quicksilver (on ne s’en lasse pas, même si ceux de «X-Men – Jours d'un avenir passé» demeurent la référence en la matière) et Nightcrawler.

L’intérêt des X-Men réside également dans l’allégorie et la tragédie. Allégorie évidente de la différence, du racisme, de la haine et de la tragédie – toujours explorée dans la franchise – du choix entre la lutte armée (dont Magneto est le porte-voix) et la collaboration aveugle (dont Charles Xavier est l’apôtre). Ce «Phénix noir» pousse encore plus loin cette dernière réflexion, le patron des X-Men s’engageant sur une pente savonneuse, ce que son équipe paiera le prix fort.

Malgré quelques fausses notes (on signale, pêle-mêle, des longueurs et des incohérences, probablement dues au retournage de plusieurs scènes après le rachat des studios Fox par Disney, la présence de Jessica Chastain dans un rôle qui ne fonctionne pas et qui dévie d’ailleurs des bandes dessinées dont s’est réclamé Simon Kinberg, ainsi qu’une belle Tour Eiffel ajoutée à côté du Marché Bonsecours!), ce «Phénix noir» respecte suffisamment l’univers et les enjeux des mutants pour que les inconditionnels des X-Men ferment les yeux et se laissent bercer par ce chant du cygne.

Note : 4 sur 5